Telegram soutient Apple dans la bataille sur le cryptage

le
0
    BARCELONE, 24 février (Reuters) - Le Russe Pavel Dourov, 
fondateur de l'application de messagerie sécurisée Telegram et 
du réseau social VKontakte, soutient Apple  AAPL.O  dans son 
bras de fer contre le département américain de la Justice sur le 
cryptage des données. 
    Sa messagerie Telegram a été conçue dès le départ pour 
résister aux velléités d'intrusion de l'Etat en fonctionnant sur 
un mode plus proche du site WikiLeaks que de celui d'une 
entreprise de la Silicon Valley telle qu'Apple. 
    Le gouvernement américain demande à Apple de débloquer 
l'iPhone de l'un des auteurs de la tuerie qui a fait 14 morts et 
22 blessés le 2 décembre dernier à San Bernardino en Californie. 
    Interrogé sur le sujet mercredi en marge du salon Mobile 
World Congress de Barcelone, Pavel Dourov a apporté son soutien 
Apple et à son directeur général Tim Cook.  
    "Il y a toujours un risque que votre iPhone soit volé et que 
la personne qui le vole puisse accéder aux données, à vos photos 
personnelles et autres éléments pour vous faire chanter", a-t-il 
fait valoir.  
    Selon lui forcer Apple à créer des outils pour casser ses 
propres dispositifs de sécurité peut déboucher sur un dangereux 
précédent.  
    Pavel Dourov est connu pour avoir pendant des années refusé 
aux autorités russes l'accès aux communications des membres de 
son réseau social VKontakte, appelé le Facebook  FB.O  russe. Il 
a fini par perdre le contrôle de ce dernier dans son refus 
obstiné de bloquer les dissidents russes.  
    "Nous avions un choix simple: soit trahir nos valeurs ou les 
garder et quitter la Russie pour créer quelque chose de 
nouveau", a-t-il dit.  
    Depuis qu'il a quitté la Russie en 2014 pour lancer 
Telegram, Pavel Dourov et son équipe d'une quinzaine de 
développeurs sont devenus des migrants perpétuels, vivant 
seulement quelques mois dans le même endroit, à Berlin, à 
Londres, dans la Silicon Valley, en Finlande et plus récemment à 
Barcelone.  
    Telegram, dont la taille représente un dixième de celle son 
concurrent WhatsApp, la messagerie instantanée rachetée par 
Facebook, a conquis de nombreux utilisateurs dans le monde, 
surtout au Moyen-Orient, en Asie centrale et du Sud-Est, et en 
Amérique latine. Telegram permet de partager rapidement des 
photos et des vidéos, d'envoyer des messages et de passer des 
appels d'une manière extrêmement sécurisée. 
    Les autorités en Chine, en Iran et en Russie ont menacé ou 
pris des mesures pour bloquer son utilisation. 
    "Nous ne sommes pas prêts à compromettre nos valeurs pour 
gagner des parts de marché.", a affirmé Pavel Dourov.  
    Lancée il y a deux ans et demi, la messagerie revendique 
aujourd'hui 100 millions d'utilisateurs actifs par mois. Ses 
membres s'échangent 15 milliards de messages par jour.  
    Telegram est aussi devenu une des applications de choix du 
groupe Etat islamique qui s'en sert pour répandre sa propagande, 
notamment après les attentats du 13 novembre à Paris qui ont 
fait 130 morts.  
    Depuis, la société essaye en vain de déloger les groupes 
djihadistes de sa plate-forme, emboîtant le pas à Twitter 
 TWTR.N  et Facebook dans ce nouveau combat.  
 
 (Eric Auchard; Claude Chendjou pour le service français, édité 
par Véronique Tison) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant