Télécoms-SFR change de casting pour redresser la barre

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    * Le directeur général Eric Denoyer quitte ses fonctions 
    * Son successeur prochainement nommé 
    * Ventes nettes positives dans le mobile au T4-Combes aux 
Echos 
    * Michel Combes impose sa marque au comex-syndicat 
 
    par Gwénaëlle Barzic 
    PARIS, 8 janvier (Reuters) - Numericable-SFR  NUME.PA  a 
remanié son état-major pour repartir d'un nouveau pied après une 
année de fusion éprouvante émaillée par des pertes de clients, 
un bras de fer avec les fournisseurs et des tensions avec les 
pouvoirs publics. 
    Chef d'orchestre de l'intégration des équipes de Numericable 
et de SFR, Eric Denoyer quitte ses fonctions de directeur 
général avec effet immédiat, a annoncé jeudi soir le numéro deux 
 français des télécoms.  
    Ce départ, qui intervient quatre mois après la nomination à 
la présidence de l'énergique Michel Combes, n'est pas une 
sanction, assure cependant le groupe. Eric Denoyer, compagnon de 
route depuis 11 ans du propriétaire de l'opérateur, Patrick 
Drahi, sera appelé à siéger au conseil d'administration.  
    Son successeur, dont le nom doit être annoncé rapidement, 
aura la lourde tâche de mettre en musique la nouvelle étape de 
reconquête des clients annoncée par Michel Combes après une 
première année dédiée à la réduction agressive des coûts et à la 
restructuration des activités. 
    "SFR est en phase de reconquête commerciale, de relance 
globale de l'entreprise. C'est logique qu'il y ait une nouvelle 
impulsion", explique une source au fait du dossier.  
    Selon les projections de Deutsche Bank, Numericable-SFR, qui 
souffre de problèmes de qualité de réseau, devrait avoir perdu 
1,3 million de clients mobiles en 2015 alors que l'ensemble de 
ses concurrents ont, eux, gagné des abonnés. Le groupe annoncera 
ses résultats annuels le 25 février. 
    Dans un entretien aux Echos, Michel Combes assure cependant 
que l'opérateur, qui a multiplié les promotions ces derniers 
mois, a renoué avec des ventes nettes positives dans le mobile 
au dernier trimestre. 
    Lors de la même période, le groupe a mis le pied sur 
l'accélérateur dans le déploiement de son réseau 4G passant de 
3.431 à 4.587 antennes en service. 
     
    MICHEL COMBES IMPOSE SA MARQUE 
    "La stratégie de Drahi fonctionne : on rachète une société 
avec beaucoup de dette et on baisse les coûts pour augmenter la 
marge mais il ne faut pas que le chiffre d'affaires s'en aille", 
explique Gilles Guibout, responsable des Stratégies actions 
européennes chez Axa Investment Managers. 
    "On est dans des métiers à coûts fixes. Il y avait une 
urgence à faire des changements pour stopper la baisse du 
chiffre d'affaires. Cela passe notamment par une reprise des 
investissements dans les réseaux." 
    L'an dernier, Numericable-SFR a perdu 3,52% en Bourse quand 
ses concurrents Orange  ORAN.PA , Iliad  ILD.PA  et Bouygues 
 BOUY.PA  ont gagné respectivement 9,43%, 10,72% et 21,90%. 
    Sa maison-mère Altice  ATCA.AS  a quant à elle dégringolé de 
16,48%, les investisseurs s'inquiétant de la montagne de dette 
accumulée au terme d'une frénésie d'acquisitions. 
    A la tête d'un empire allant de SFR à Portugal Telecom en 
passant par les américains Cablevision  CVC.N  et Suddenlink, 
Patrick Drahi a annoncé une pause dans les acquisitions pour 
donner la priorité à l'intégration de ses emplettes.  
    Pour Xavier Courtillat, délégué syndical central CFDT chez 
SFR, les changements annoncés au comité exécutif marquent aussi 
l'empreinte de Michel Combes venu de l'équipementier 
Alcatel-Lucent  ALUA.PA  après avoir travaillé pour les 
opérateurs Vodafone  VOD.L  et France Télécom (Orange 
 ORAN.PA ).  
    "Michel Combes est en train de se constituer un comité 
exécutif à sa main. Au vu de son expérience dans de grands 
groupes internationaux, il n'est pas étonnant qu'il veuille 
apporter des changements par rapport à une équipe historique à 
forte dominante Numericable", explique le responsable syndical. 
    Numericable-SFR pourra également compter sur l'ancien 
responsable des participations de l'Etat Régis Turrini pour se 
rabibocher avec les pouvoirs publics, échaudés par les méthodes 
musclées de l'opérateur vis à vis de ses fournisseurs et 
sous-traitants. Le groupe a écopé d'une amende de 750.000 euros 
l'an dernier en raison de ses retards de paiement. 
    Les organisations syndicales ont également alerté sur les 
tensions sociales au sein de l'entreprise. 
    Michel Combes, qui s'est adressé ce vendredi aux salariés 
lors d'une vidéoconférence, a nommé une nouvelle directrice des 
ressources humaines, Florence Cauvet, ancienne d'Areva 
 AREVA.PA , tandis qu'un nouveau dirigeant des activités grand 
public doit être désigné. 
    "Il y avait sans doute la nécessité d'avoir un 
renouvellement du casting total pour rétablir de la discussion 
entre toutes les parties prenantes. Il était de temps de 
pacifier les relations", estime Gilles Guibout.  
 
 (Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel 
Bélot) 
 

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