Telecom Italia: un bain de sang dans la fibre face à Enel ?

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(CercleFinance.com) - Voilà qui ne fait pas les affaires de Vivendi, son principal actionnaire avec près de 25% du capital. A la Bourse de Milan, l'action Telecom Italia perd 10% sur la semaine, alors que l'indice sectoriel EuroStoxx Telecom dont elle fait partie ne cède que 5,7%. En cause : le risque d'une concurrence aussi soudaine que massive dans la fibre optique en Italie, qui pourrait selon Bloomberg inciter l'opérateur télécom historique de ce pays à supprimer près du tiers de son effectif.

Peut-être la cause de cette baisse réside-t-elle en effet du côté d'un surcroît de risques concurrentiels. Le 23 mars dernier, l'énergéticien italien Enel a détaillé son opération “stratégique” Enel OpEn Fiber, qui s'inscrit dans le cadre du 'plan fibre' national. Le groupe entend se diversifier en construisant, en Italie, un réseau de télécommunication en fibre optique tirant parti des installations électriques déjà en place. Ensuite, Enel louerait cette infrastructure au prix de gros à des opérateurs. Cet investissement à 2,5 milliards d'euros devrait permettre, dans un premier temps, de 'connecter' 7,5 millions de foyers au très haut débit, estime Enel.

Toute la question est de savoir qui seront les partenaires “télécoms” d'Enel. Sachant qu'à ce jour et étant donné le débit qu'elle permet, la fibre optique est considérée comme l'avenir de l'Internet fixe dans les zones urbaines où domine encore la technologie ADSL, qui passe par les “fils de cuivre” du téléphone.

Or en début de semaine, le quotidien Il Sole 24 Ore rapportait qu'Enel pourrait annoncer dès ce jeudi un premier 'deal' capitalistique avec un concurrent de Telecom Italia, Metroweb.

C'est peu dire que la menace est sérieuse : hier, l'agence Bloomberg croyait savoir que Telecom Italia 'étudierait' la suppression de quelque 15.000 postes, soit rien moins que 30% de son effectif, 'en réponse à la concurrence dans la fibre optique qu'entend constituer un exploitant électrique soutenu par l'Etat'. A savoir Enel, dont le quart du capital est contrôlé par le ministère italien des Finances.

Les analystes de Morgan Stanley calculent d'ailleurs que Telecom Italia pourrait, à terme, perdre de 25 à 30% du marché de gros des télécoms face à Enel.

En l'état actuel des choses, aucune annonce officielle n'a encore été effectuée. A suivre.

EG


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