Telecom Italia privilégie l'investissement sur le désendettement

le , mis à jour à 00:30
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    * 12 mds d'investissements prévus sur 2016-2018 
    * Le groupe mise sur la fibre et le multimédia 
    * Son Ebitda a chuté de 20% en 2015 
    * Le nouvel objectif de désendettement moins ambitieux 
    * L'action baisse nettement 
 
 (Actualisé avec précisions sur Inwit et Vivendi) 
    par Agnieszka Flak  
    MILAN, 16 février (Reuters) - Telecom Italia  TLIT.MI  a 
annoncé mardi un coup d'accélérateur à ses investissements dans 
le fixe et le mobile en Italie, où le gouvernement compte sur le 
secteur pour rattraper le retard pris dans le numérique et doper 
la croissance économique.  
    Le développement d'un réseau national à très haut débit est 
l'une des priorités affichées du président du Conseil Matteo 
Renzi, mais Telecom Italia, pourtant ex-monopole public, a 
longtemps fait la sourde oreille, jugeant cette stratégie trop 
coûteuse.  
    La hausse de la demande de services à fortes marges et les 
pressions politiques ont visiblement fini par le convaincre.  
    Présentant son plan stratégique 2016-2018, Telecom Italia a 
en effet annoncé qu'il investirait 12 milliards d'euros en trois 
ans en Italie, dont 3,6 milliards dans le déploiement d'un 
réseau de fibre optique. Cet objectif est supérieur de 20% à 
celui inscrit dans le précédent plan triennal. 
    "Nous considérons l'annonce d'aujourd'hui comme un geste 
d'apaisement vis-à-vis du gouvernement", ont commenté les 
analystes de la Société générale dans une note.  
    Telecom Italia espère que son réseau de fibre optique 
couvrira 84% de la population italienne d'ici 2018 et que son 
réseau mobile 4G couvrira plus de 98% du territoire de la 
péninsule. 
    Les nouvelles dépenses prévues devraient soutenir la demande 
sur le marché italien et permettre au groupe de renouer avec la 
croissance de l'excédent brut d'exploitation à partir de l'an 
prochain.  
    La priorité est donnée à l'Italie alors que le Brésil, 
l'autre grand marché de l'opérateur, traverse sa pire crise 
économique depuis un quart de siècle, ce qui pénalise la filiale 
locale du groupe, TIM Participações  TIMP3.SA .  
    Telecom Italia a d'ailleurs choisi de plafonner à 14 
milliards de reals (3,1 milliards d'euros) les investissements 
consacrés à la modernisation de son réseau mobile brésilien.  
     
    MOINS AMBITIEUX SUR LA DETTE 
    Le groupe, dont le français Vivendi  VIV.PA  est devenu l'an 
dernier le premier actionnaire avec un peu plus de 21% du 
capital, a également dit vouloir se renforcer dans le 
multimédia, y compris dans la vidéo, la musique, le jeu vidéo et 
l'édition.  
    "Il y a une forte dose d'influence de Vivendi derrière cette 
stratégie, pas uniquement dans la révision à la hausse des 
ambitions dans le haut débit mais aussi dans le multimédia et la 
convergence", estime Jerry Dellis, analyste de Jefferies. 
    Marco Patuano, l'administrateur délégué de l'opérateur, a 
toutefois déclaré à la presse qu'il n'y avait pas eu de pression 
de la part de Vivendi avec qui le groupe travaillait de concert. 
    A la Bourse de Milan, l'action Telecom Italia a perdu 6,45% 
à 0,82 euro.  
    Car outre son plan stratégique, le groupe a annoncé une 
chute de 20% de son bénéfice avant impôt, intérêts, dépréciation 
et amortissement (Ebitda) en 2015, en raison notamment de 
charges exceptionnelles de 1,08 milliard d'euros au total et de 
la dégradation de ses activités au Brésil. 
    Des analystes ont déclaré que l'Ebitda était légèrement 
inférieur aux attentes mais ils ont salué le retour à la 
croissance des revenus dans le mobile en Italie au quatrième 
trimestre 2015. 
    Telecom Italia a précisé vouloir ramener son endettement à 
moins de trois fois son Ebitda d'ici fin 2018, un objectif moins 
ambitieux que celui d'une dette de 2,5 fois l'Ebitda fin 2017 
qui figurait dans le plan précédent.  
    Un analyste a précisé que ses concurrents européens visaient 
en moyenne un ratio dette/Ebitda de 2,0.  
    Le titre Telecom Italia accuse une baisse de 25% depuis le 
début de l'année, la plus mauvaise performance des grands 
opérateurs du continent.  
    L'administrateur délégué a par ailleurs a annoncé à la 
presse que le processus de cession d'une part du capital de sa 
filiale d'antennes Inwit  INWT.MI , dont 40% du capital ont été 
mis en Bourse en juin, avancerait dans quatre à six semaines. 
    Telecom Italia, qui a donné en septembre carte blanche à 
Marco Patuano pour étudier toute possiblité d'extraire encore 
plus de valeur d'Inwit, veut conserver 15% à 20% de son capital. 
   
 
 (avec Stefano Rebaudo,; Bertrand Boucey, Marc Angrand et 
Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 

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