Technicolor cherche un partenaire pour ses décodeurs

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TECHNICOLOR RECHERCHE UN PARTENAIRE POUR SON ACTIVITÉ DÉCODEURS
TECHNICOLOR RECHERCHE UN PARTENAIRE POUR SON ACTIVITÉ DÉCODEURS

par Gwénaëlle Barzic et Alice Cannet

PARIS (Reuters) - Technicolor espère fusionner son activité déficitaire de fabrication de décodeurs avec l'un des principaux acteurs du secteur, appelé à se consolider dans un contexte de pressions sur les prix, a déclaré à Reuters son directeur général Frédéric Rose.

Le groupe, qui recherche un repreneur pour son dernier site de production en France, mène des discussions informelles avec plusieurs parties en vue d'un possible rapprochement, a-t-il ajouté, sans les nommer.

"On est au bal et on ne sait pas encore avec qui on va danser. Tout le monde s'observe et se regarde", a expliqué Frédéric Rose, estimant que le marché, fort de cinq à six groupes dépassant le milliard d'euros de chiffre d'affaires, devrait se réduire à trois grands acteurs dans le courant de cette année.

"Fusionner notre activité avec celle d'un autre pourrait avoir beaucoup de sens parce qu'elle pourrait nous permettre d'augmenter notre footprint, d'obtenir des meilleurs prix de nos fournisseurs asiatiques et d'amortir notre R&D et notre structure opérationnelle sur un plus large volume."

Prié de dire s'il serait acheteur ou vendeur, Frédéric Rose a répondu que le groupe, endetté à hauteur de plus d'un milliard d'euros, n'avait pas les moyens de faire une grosse acquisition.

En concurrence avec Motorola Mobility que Google est sur le point de racheter, ainsi qu'avec le britannique Pace, Technicolor est l'un des principaux fabricants de "set-top boxes" donnant accès à internet, la télévision et le téléphone.

L'an dernier, il a subi de plein fouet le ralentissement économique dans la zone euro de pair avec des pressions accrues sur les prix de la part des opérateurs télécoms qui s'approvisionnent désormais pour certains en Chine et en Tunisie.

Technicolor, qui a essuyé une perte opérationnelle de 43 millions d'euros dans sa division dédiée aux décodeurs, a annoncé en décembre un plan social portant sur 600 emplois dans le monde, sur un effectif total de 16.900, et se donne pour objectif de revenir à l'équilibre d'ici la fin de l'année.

"BATAILLE PERDUE"

"Il faut qu'on s'adapte à la réalité du marché, nos prix doivent baisser. Nos clients insistent là-dessus", a expliqué Frédéric Rose, en ajoutant que les grands clients du groupe se trouvent désormais en Amérique du Nord et en Amérique latine alors que sa structure de coûts est principalement en Europe.

"Aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous permettre de fabriquer des décodeurs en France. Nous étions l'irréductible Gaulois mais à un moment, il faut savoir dire que la bataille est perdue."

Technicolor est en discussions avec cinq repreneurs potentiels pour son usine de fabrication de décodeurs d'Angers (Maine-et-Loire) qui emploie 350 personnes, et se donne pour objectif de parvenir à une solution avant l'été.

L'arrêt programmé du dernier site français de production de l'ex-Thomson a provoqué un certain émoi au coeur d'une campagne présidentielle animée par le thème du "made in France" et des salariés du groupe ont manifesté au début du mois pour exprimer leurs craintes d'un démantèlement de la société.

"Aujourd'hui, le 'made in France' ce n'est pas les usines, le 'made in France' c'est la capacité à générer des idées et de nouvelles solutions technologiques", a souligné Frédéric Rose, en rappelant que la moitié des équipes de recherche et le siège mondial du groupe restaient en France.

Technicolor a renoué avec une trésorerie positive l'an dernier pour la première fois depuis 2007, mais sa perte nette s'est creusée à 324 millions d'euros.

Après avoir réduit les effectifs d'environ 6.000 personnes et recentré les activités sur les services aux médias et au cinéma depuis qu'il a pris les commandes en 2008, Frédéric Rose se donne pour objectif de réduire la dette de 200 à 300 millions d'euros et de dégager un flux de trésorerie disponible supérieur à 400 millions d'euros sur la période 2012-2015.

Le groupe, qui a déjà traversé un long processus de restructuration après une procédure de sauvegarde en 2009, compte poursuivre sa difficile mutation en faisant le pari de l'innovation.

Technicolor, dont la division dédiée aux brevets a généré un résultat opérationnel de 346 millions en 2011, espère notamment annoncer "bien avant la fin de l'année" un accord de licence dans le domaine des smartphones.

A 16h50, l'action Technicolor gagnait 5,7% à 1,61 euro. Depuis le début de l'année, elle fait un bond de 39% après avoir perdu plus de 67% l'an dernier.

Edité par Dominique Rodriguez

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  • titide le mercredi 11 avr 2012 à 17:38

    Rose est incapable de danser tout seul;c'est vraiment un patron à l'ancienne qui aura détruit cette entreprise.