Taxe de séjour: Airbnb désigné agent du fisc par Fabius

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Dans le projet gouvernemental de trouver 300 millions de recettes fiscales supplémentaires, la taxe de séjour sera étendue à l'ensemble du secteur de l'hébergement touristique.

«Cela va répondre aux inquiétudes des hôteliers, dans un souci d'équité fiscale.» Selon Nicolas Ferrary, directeur France d'Airbnb, la proposition de Laurent Fabius de demander aux sites d'échange d'appartement de collecter la taxe de séjour va calmer la guerre qui les oppose depuis des mois aux hôteliers français. Ces derniers s'insurgeaient contre une distorsion de concurrence, ces sites n'étant pas assujettis au paiement de la taxe de séjour s'imposant aux professionnels. À l'heure actuelle, c'est au particulier louant son appartement de la réclamer à son locataire. Autant dire une collecte qui reste plus qu'aléatoire.

Désormais, Airbnb et ses semblables (Bedycasa, Sejourning...) pourraient devenir des «représentants fiscaux des hébergeurs, et collecteraient la taxe de séjour pour leur compte», selon une source gouvernementale. Une manière d'améliorer la collecte, qui sera reversée directement aux mairies. Cette mesure s'inscrit dans le projet gouvernemental de trouver 300 millions de recettes fiscales supplémentaires via les collectivités locales. «Dans le cadre d'une refonte de cette taxe, il était inimaginable que la pression fiscale ne s'applique pas à tout le monde», appuie Xavier Alberti, directeur général de Châteaux & Hôtels Collection. La taxe pour l'ensemble du secteur pourrait aussi passer de 0,40 à 0,75 ¤ par jour et par personne pour les hôtels non classés, de 1 à 1,50 ¤ pour les 3 étoiles, de 1,5 à 2,25 ¤ pour les 4 étoiles, et de 1,5 à 3 ¤ pour les 5 étoiles. Une taxe de 4 ¤ pour les palaces est aussi évoquée.

Pour les sites concernés, c'est un moindre mal, certains députés ayant émis l'idée cet été de les taxer sur leur chiffre d'affaires. La proposition de Laurent Fabius, déposée vendredi, devrait être discutée la semaine prochaine. Si elle était adoptée, elle ne signifierait pas pour autant la fin des hostilités. Devant le boom de ces nouvelles formes d'hébergement, «dont certains ont fait un vrai business», des professionnels demandent que soit interdite la location entre particuliers à la nuitée. L'idée de créer une taxe pour ces logeurs professionnels au-delà d'un certain chiffre d'affaires fait aussi son chemin.

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  • M362321 le vendredi 21 nov 2014 à 10:14

    Mais puisqu'on vous dit que les impôts n'augmentent plus !!!

  • fignar le samedi 1 nov 2014 à 15:01

    Le monde change grace à internet,les chauffeurs de taxi ou les hoteliers font partie d'une longue liste de professions qui vont devoir s'adapter.

  • hvin99 le vendredi 31 oct 2014 à 23:30

    Simple, on à besoin de 300 millions, on ajoute une taxe. Et après on nous parle de compétitivité et de baisse des impôts. C'est vrai, une taxe n'est pas un impôt. Lamentable

  • AMOUR123 le vendredi 31 oct 2014 à 23:23

    M691, 75% de nos politicards sont fonctionnaires. Vous ne voulez quand même pas qu'ils votent des lois qui leurs soient défavorables...

  • M6916882 le vendredi 31 oct 2014 à 22:22

    Mais quand vont ils réduire le train de vie de l’État et des collectivités locales au lieu d’assommer les gens d’impôts nouveaux? En France, 90 fonctionnaires pour 1000 habitants contre 50 en Allemagne qui n'est pas un pays sous administré à ce que je sache! Voilà la vraie réforme, mais il faut du courage politique et chez nous, nos politicards n'en ont assurément pas!