Taxe à 75 % : un dispositif toujours néfaste pour les patrons

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Les entreprises acquitteront la taxe pour les salaires supérieurs à 1 million d'euros.

François Hollande a changé son fusil d'épaule, mais la cartouche logée dans le canon est toujours jugée aussi dangereuse. Voire plus encore. Désormais, ce ne sont plus les bénéficiaires qui acquitteront la taxe à 75 % sur les rémunérations au-dessus de un million d'euros, mais les entreprises elles-mêmes. Une mesure qui devrait toucher les salaires 2013 et 2014.

Ce tour de passe-passe inattendu permet au président de la République de maintenir le taux symbolique de 75 %, martelé lors de sa campagne électorale mais désavoué en décembre par le Conseil constitutionnel. «Tout le monde doit faire des efforts, mais je pense qu'un taux de 75 % est trop élevé, qu'il soit payé par les entreprises ou par les salarié», a réagi vendredi Frédéric Oudéa, le PDG de la Société générale, sur Europe 1.

Si le taux initial reste inchangé - le Conseil d'État a jugé la semaine dernière que l'imposition des ménages ne pouvait pas excéder 66,6 % de leurs revenus -, le périmètre apparaît bien différent. Laurence Parisot dénonce ainsi sur France Info «un marqueur contre les entreprises». Et la future ex-présidente du Medef de demander: «Que va-t-il se passer pour les plus riches des Français qui ne travaillent pas dans les entreprises? Qui sont professions libérales, artistes?»

«C'est une mesure qui concerne 2 000 personnes, fustige Thibault Lanxade, PDG d'Aqoba et candidat à la succession de Laurence Parisot. Le président de la République mène une politique de fracture et dresse l'opinion contre des chefs d'entreprise, qui sont pourtant des partenaires incontournables pour faire redémarrer la croissance.»

Solution radicale: l'expatriation

Le sujet reste très sensible. On s'en souvient, lors de la campagne électorale, les dirigeants d'entreprise avaient été ulcérés d'entendre le candidat Hollande évoquer des «mesures de lissage» pour les joueurs de football. Une déclaration qui avait été prise comme un jugement de valeur.

Sur le terrain, toutefois, les groupes internationaux n'ont pas attendu pour plancher sur des aménagements susceptibles d'éviter le couperet des 75 %, quelle que soit sa forme. Les entreprises s'arrangent ainsi en toute légalité pour que les rémunérations de certains cadres dirigeants soient réparties sur des filiales à l'étranger.

Et puis, il y a la solution radicale, l'expatriation. «Beaucoup d'entreprises ont réalisé en menant des études comparatives approfondies cet hiver combien c'était coûteux de localiser leurs cadres supérieurs en France, par rapport à d'autres pays. Le différentiel est considérable, au point qu'il permet aux entreprises de payer davantage leurs talents qui s'expatrient, ce qui augmente leurs chances de les conserver. Une nouvelle transhumance cet été est très probable», prévient David Jonin, avocat associé chez Gide Loyrette Nouel qui martèle: «Les cerveaux, il faut les payer. Cette mesure fiscale est un frein à l'attraction des talents en France.»

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  • rob.loup le dimanche 31 mar 2013 à 11:08

    Ou comment on appauvri une Nation

  • amathie7 le samedi 30 mar 2013 à 12:11

    Et oui, la politique actuelle: chasser les Bac + 10 et faire rentrer les Bac - 10Chasser les entrepreneurs et faire rentrer les assistes. Que l' on comprenne bien que si on n'est pas artistes, footeux ou politiques, il est absolument INTERDIT de gagner de l'argent en France