TAUX-Le marché du crédit sort du coma après l'accord sur la Grèce

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par Raoul Sachs PARIS, 20 juillet (Reuters) - Le marché du crédit en euro a repris des couleurs la semaine dernière, l'accord sur la Grèce l'ayant tiré d'un état comateux où l'avait plongé la brutale remontée des rendements obligataires fin avril puis, en juin, les fortes tensions entre Athènes et ses créanciers (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). L'accord unanime des dirigeants de la zone euro annoncé lundi dernier, suivi par l'approbation des Parlements, la décision de la BCE de relever le plafond de liquidités d'urgence accordées aux banques grecques et l'octroi par l'UE d'un prêt-relais de 7,0 milliards d'euros, a évité "le pire" : le saut dans l'inconnu d'une sortie de la Grèce de la zone euro. "On constate un dégonflement spectaculaire des primes de risque (spreads) lié à la résolution de la crise grecque", constate Philippe Berthelot, directeur de la gestion crédit chez Natixis Asset Management. Ainsi, l'indice synthétique ITraxx Main des dérivés de crédit (CDS) des émetteurs bien notés de la catégorie investissement (IG, Investment Grade) est passé de 81 points de base début juillet à 60 points de base. L'ITraxx Xover des émetteurs moins bien notés de la catégorie haut rendement (HY, High Yield) de 349 à 270. "Au mois de juin, la performance totale du crédit corporate IG et HY a été identique, soit une perte de 1,9% pour les deux catégories de papier tandis que les actions européennes ont reculé de 4,5% (Stoxx 600)", ajoute le gérant. "Depuis la mi-avril et la remontée brutale des taux longs en zone euro, puis l'aggravation de la crise grecque, il y a eu beaucoup de volatilité, beaucoup de nervosité et un marché primaire paralysé pendant trois semaines, les émetteurs, nombreux, ayant renoncé à faire appel au marché dans ces conditions", rapporte Philippe Berthelot. Les marchés d'actions de l'Eurozone, qui ont perdu environ 4,5% au mois de juin, ont parié, avant sa conclusion, sur le compromis et ont engrangé huit séances consécutives de hausse. "Sur le crédit, les spreads aussi bien sur le comptant que sur les indices se sont resserrés et le marché primaire a rouvert ses portes", note Juan Esteban Valencia, stratégiste crédit à la Société générale dans son bilan hebdomadaire. LES EMETTEURS US DOMINENT TOUJOURS LE MARCHE EUROS Fin mai, le fabricant de câbles Nexans NEXS.PA , noté "BB-" (HY) par S&P, a abandonné un projet d'émission de 250 millions d'euros à 5 ans, invoquant la forte volatilité et des conditions de prix dégradées. Selon plusieurs banquiers, les investisseurs étaient, dans ce contexte, devenus plus exigeants qu'en début d'année et réclamait une prime plus élevée à Nexans. Depuis l'embellie grecque, les émissions IG ont repris cette semaine, avec ADP ADP.PA , noté "A+" par S&P qui a levé 500 millions d'obligations 1,50% juillet 2023 au taux actuariel de 1,524%, soit un spread de 60 points de base au-dessus des swaps. La moyenne du rendement des obligations notées IG de l'indice IBoxx Corporates est passé de 1,87%, son plus haut de l'année à 1,74% d'une semaine à l'autre et celui de l'IBoxx HY Corporates de 4,53% à 4,30%. Juan Valencia estime que compte tenu de l'importance des projets en attente, cet été sera plus actif que l'année dernière sur le marché primaire avec toutefois un frein, outre les vacances d'été, une saison des résultats du 2e trimestre qui impose un "blackout" interdisant ce type d'opération pendant 15 jours avant publication. Selon des chiffres de SG, le total des émissions IG non financières totalisent 163,2 milliards d'euros depuis le début de l'année, soit 35 milliards de plus qu'en 2014 pour la même période. Les émissions HY atteignent 49 milliards d'euros contre 59 milliards pour la même période en 2014. Les entreprises américaines maintiennent leur domination, inaugurée cette année, sur le marché primaire du crédit IG en euro avec 29,5% des émissions contre 15,6% pour les émetteurs français, traditionnellement les plus actifs. Les émetteurs américains ont profité des taux bien plus bas en zone euro qu'aux Etats-Unis pour se refinancer. (Raoul Sachs, édité par Jean-Michel Bélot)


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