Taux: la prestation de M.Draghi déçoit clairement le marché.

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(CercleFinance.com) - La conférence de presse de Mario Draghi ne suscitait pas d'attentes démesurées et ce fut effectivement un tout petit millésime, un rendez-vous de convenance, sans surprise et vite expédié.

La Banque centrale européenne (BCE) a laissé comme prévu ses taux directeurs inchangés: le 'Repo' à 'zéro', le prêt marginal (d'urgence) et la facilité de dépôt à respectivement 0,25% et -0,40%.

La déception des marchés dès la lecture du compte rendu économique de la BCE provenait de l'absence d'annonces et de perspectives d'ajout de liquidités (pas d'extension du 'QE' à ce stade): la BCE répète comme à chaque fois depuis l'automne 2008 qu'elle se tient prête à puiser dans sa boite à outils pour soutenir la croissance, en maintenant les taux bas -voire encore plus bas- aussi longtemps qu'il le faudra, et probalement au-delà de 2018.

La hausse du PIB dans l'Eurozone est revue à la hausse en 2016 (à +1,7%) mais réduite symétrique de -0,1% à +1,6% en 2017 et maintenue à +1,6% en 2018 (remarquons l'identité entre croissance et inflation... sur fond de taux zéro).

A court terme, la prévision d'inflation est inchangée à +0,2% en 2016, elle est maintenue à +1,2% en 2017... grâce essentiellement au rebond du pétrole et des matières premières.

Au final, c'est la mauvaise humeur qui dominait sur les marchés obligataires, lesquels ont reperdu de l'avance accumulée depuis mardi grâce à de mauvais chiffres (ISM) aux Etats Unis et en Allemagne (chute des commandes à l'industrie).

Les Bunds se dégradent de 6Pts à -0,0570%, nos OAT de 7Pt à 0,1670%, les 'bonos' espagnols de 5,5Pts à 0,985%, les BTP italiens de 8Pts à 1,158%.

La contamination a gagné les rives de la Tamise: à la 'City', les 'Gilts' se dégradaient également de 8Pts à 0,765%.

Outre-Atlantique, les opérateurs ont pris connaissance à 14H30 des inscriptions aux allocations chômage: -4.000 à 259.000, un plancher annuel.

Ce chiffre seul ne saurait expliquer une tension de +5Pts de base à 1,59%: c'est donc que la prestation de la BCE est perçue comme moins accommodante qu'espéré tandis que les opérateurs s'interrogent sur l'insistance de certains membres de la FED (Jefferey Lacker de Richmond hier) à marteler qu'une hausse de taux le 21 septembre reste possible.

De l'autre côté du Pacifique, la croissance du PIB japonais au deuxième trimestre a été révisée de 0% en estimation initiale à +0,2% en seconde lecture, alors que le consensus n'anticipait qu'une révision à +0,1%.

En Chine, la contraction des exportations a nettement ralenti à -2,8% contre -4,4%, les importations sont repassées positives (+1,5% contre -12,5 en juillet) après 22 mois de contraction... mais la hausse du pétrole et des matières premières constituent des facteurs déterminants, plus qu'une véritable reprise de l'activité en interne.

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