Taubira démissionne pour donner "le dernier mot à l'éthique"

le , mis à jour à 12:37
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    * Jean-Jacques Urvoas la remplace à la Justice 
    * Taubira réprouvait la révision constitutionnelle 
    * La réforme sera finalement expurgée 
    * "Parfois résister, c'est partir", dit Taubira 
    * La droite et le FN se réjouissent 
 
 (Actualisé avec détails, contexte, réactions) 
    PARIS, 27 janvier (Reuters) - La ministre de la Justice, 
Christiane Taubira, a démissionné mercredi du gouvernement, une 
décision attendue qui clôt de longs mois de défiance avec 
François Hollande et Manuel Valls. 
    Elle a présenté sa démission au chef de l'Etat avant le 
conseil des ministres, le jour de la présentation par le Premier 
ministre de la révision de la Constitution sur l'extension de la 
déchéance de nationalité, qui sera finalement expurgée de la 
référence à la binationalité qu'elle combattait. 
    Christiane Taubira est remplacée par le député socialiste 
Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des Lois de 
l'Assemblée nationale, un proche du Premier ministre. (voir 
portrait  ) 
    En fonction depuis le 16 mai 2012, l'"icône" du mariage 
homosexuel, porte-parole des frondeurs de la gauche, met ainsi 
fin à une situation inconfortable, voire intenable, au sein d'un 
gouvernement où elle était de longue date en porte-à-faux avec 
François Hollande et Manuel Valls. (voir portrait [ ) 
    Attaquée régulièrement par l'opposition qui réclamait sa 
démission, Christiane Taubira, qui aura 64 ans le 2 février, 
avait mené à son terme en 2015 une réforme pénale jugée 
"laxiste" par la droite et le Front national pour avoir supprimé 
notamment les peines planchers. 
    Sa démission est intervenue quelques semaines avant un 
remaniement attendu, Laurent Fabius étant donné partant pour le 
Conseil constitutionnel en mars prochain.   
     
    "BONNE NOUVELLE", DIT LE PEN 
    La présidente du FN, Marine Le Pen, a salué mercredi "une 
bonne nouvelle pour la France" dans un concert de réactions de 
soulagement au sein de l'opposition. Les "frondeurs" socialistes 
et des responsables écologistes, telle Cécile Duflot qui 
démissionna en 2014 du gouvernement, ont loué pour leur part le 
"courage" et les "convictions" de la ministre.   
    La décision du chef de l'Etat, après les attentats du 13 
novembre, de constitutionnaliser la déchéance de nationalité 
pour les binationaux nés français convaincus de terrorisme, aura 
précipité le départ de Christiane Taubira alors qu'elle avait 
exprimé le voeu de rester à son poste. 
    Ironie du sort, le gouvernement, au nom de l'unité 
nationale, a finalement renoncé à inscrire la référence aux 
binationaux dans la Constitution, a annoncé mercredi Manuel 
Valls en présentant un texte remanié devant la commission des 
Lois de l'Assemblée. 
    "Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est 
partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à 
l'éthique et au droit", avait écrit auparavant Christiane 
Taubira sur son compte Twitter, avec l'emphase littéraire qui 
caractérisait ses discours. 
    "Christiane Taubira a choisi le moment où elle a considéré 
qu'il était nécessaire de se mettre en conformité avec ce 
qu'elle avait dit et ce qu'elle pensait", a dit le porte-parole 
du gouvernement, Stéphane Le Foll, lors du compte rendu du 
conseil des ministres. 
    Ouvertement hostile à l'extension de la déchéance de 
nationalité -- mesure qui lui donnait un "haut-le-coeur" 
confiait-elle le 18 novembre dernier sur France 5 --, elle avait 
plusieurs fois exprimé son désaccord. 
     
    INEXTRICABLE 
    Lors d'une visite en Algérie le 22 décembre, elle avait même 
annoncé sur une radio locale l'abandon de cette mesure 
symbolique plébiscitée par les Français dans les enquêtes 
d'opinion. Elle estimait alors que la réforme, qui divise 
profondément la majorité, "posait un problème de fond sur le 
principe fondamental qu'est le droit du sol". 
    Le lendemain, Manuel Valls la désavouait publiquement en 
annonçant le maintien de la disposition contestée et en 
soulignant que "le respect de la parole présidentielle 
s'impos ait  à tous." 
    "Chacun a droit à ses doutes, à ses interrogations, à ses 
questionnements et à ses analyses", avait toutefois ajouté le 
Premier ministre lors d'une conférence de presse aux côtés de  
Christiane Taubira. 
    L'équation politique devenant inextricable, Manuel Valls 
s'était résolu à défendre lui-même le projet de loi 
constitutionnelle devant les députés, à partir du 5 février, 
alors que cette mission incombait à la garde des Sceaux. 
Jean-Jacques Urvoas, qui a décidé début décembre un outil de 
contrôle de l'état d'urgence, devait en être le rapporteur. 
    François Hollande "a exprimé à Christiane Taubira sa 
reconnaissance pour son action", selon un communiqué de la 
présidence. "Elle aura mené avec conviction, détermination et 
talent la réforme de la Justice et joué un rôle majeur dans 
l'adoption du mariage pour tous", peut-on lire. 
    Trois nouveaux membres du Conseil constitutionnel doivent 
être nommés dans les prochaines semaines, un par le président de 
la République, un par le président du Sénat et un par le 
président de l'Assemblée nationale, et le nom de Christiane 
Taubira a été cité parmi les prétendants possibles. 
 
 (Sophie Louet avec Service France, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M9430995 il y a 12 mois

    ouf...

  • M7097610 il y a 12 mois

    ça sent la fin de règne...

  • M940878 il y a 12 mois

    Comme quoi un ministre ne sert pas à grand chose car remplaçable au pied levé par n'importe qui

  • M9941825 il y a 12 mois

    Que lui a t'on promis en échange ?