Tata Steel va vendre toutes ses activités au Royaume-Uni

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TATA STEEL TIRE UN TRAIT SUR LE ROYAUME-UNI
TATA STEEL TIRE UN TRAIT SUR LE ROYAUME-UNI

par Promit Mukherjee

BOMBAY (Reuters) - Tata Steel, le numéro un de la sidérurgie britannique, a annoncé mercredi sa décision de céder toutes ses activités au Royaume-Uni, tirant ainsi un trait sur près de dix ans de présence dans ce secteur, en déclin, du pays.

Après un long conseil d'administration tenu à Bombay, le sidérurgiste indien précise dans un communiqué que les performances financières de sa filiale britannique se sont fortement détériorées ces derniers mois.

Citant des coûts de production élevés, une faiblesse du marché intérieur et une hausse des importations en Europe en provenance de Chine, Tata Steel estime ne pas être mesure d'améliorer le positionnement de sa filiale britannique, qui emploie quelque 15.000 personnes et opère notamment l'aciérie de Port Talbot au Pays de Galles, la plus importante du Royaume-Uni.

De ce fait, Tata dit que sa division européenne va "explorer toutes les options en vue d'une restructuration, y compris celle d'une cession de tout ou partie de Tata Steel UK".

En janvier, Tata Steel a déjà annoncé 1.050 suppressions d'emplois dans le pays, en plus des 1.170 décidées l'an dernier face à la chute des prix de l'acier.

Tata Steel avait racheté Corus, alors un sidérurgiste anglo-néerlandais, en 2007 mais n'a jamais réussi à complètement remettre l'entreprise dans le sens de la marche.

Le groupe indien a dit poursuivre les discussions avec le gouvernement britannique, préoccupé par les pertes d'emploi dans le secteur.

Port Talbot emploie encore quelque 4.000 personnes et Tata Steel est l'un des principales entreprises privées présentes au Pays de Galles.

LES SYNDICATS APPELLENT LONDRES À JOUER SON RÔLE

Les syndicats ont salué la décision de Tata Steel de ne pas fermer d'usines tout en exhortant le sidérurgiste indien à être "un vendeur responsable" et le gouvernement à jouer son rôle.

La plupart des sidérurgistes, y compris le numéro un mondial ArcelorMittal, sont mis à rude épreuve par la chute des cours de l'acier, qui s'explique essentiellement par une situation de surcapacités de production en Chine, premier consommateur de cet alliage.

Une telle configuration ne rend pas aisée la quête d'un repreneur.

"Tata Steel ne trouvera peut-être pas un acheteur dans l'immédiat pour ses activités britanniques mais il pourrait y parvenir d'ici six mois si, comme anticipé, l'Europe prend des mesures pour endiguer le flux d'importations bon marché qui inondent la région", a estimé Ashish Kejriwal, analyste chez Elara Capital.

Le groupe indien est le deuxième producteur d'acier en Europe avec une présence dans nombre de pays. Tata Steel a ramené sa capacité de production dans la région à un peu plus de 18 millions de tonnes par an. Sur ce total, les capacités de seulement 14 millions sont opérationnelles.

Deux de ses trois principaux sites européens, Port Talbot et Scunthorpe, sont en Grande-Bretagne et le troisième aux Pays-Bas.

Sur les cinq dernières années - période au cours de laquelle Tata Steel a passé dans ses comptes quelque 2,9 milliards de dollars (2,55 milliards d'euros) de dépréciations d'actifs liées à sa filiale britannique - le cours de l'action du groupe a été divisé par deux.

En fin de séance à la Bourse de Bombay, le titre gagnait 2,3%.

(Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison)

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