Tata Steel va vendre toutes ses activités au Royaume-Uni

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    par Promit Mukherjee 
    BOMBAY, 30 mars (Reuters) - Tata Steel  TISC.NS , le numéro 
un de la sidérurgie britannique, a annoncé mercredi sa décision 
de céder toutes ses activités au Royaume-Uni, tirant ainsi un 
trait sur près de dix ans de présence dans ce secteur, en 
déclin, du pays. 
    Après un long conseil d'administration tenu à Bombay, le 
sidérurgiste indien précise dans un communiqué que les 
performances financières de sa filiale britannique se sont 
fortement détériorées ces derniers mois. 
    Citant des coûts de production élevés, une faiblesse du 
marché intérieur et une hausse des importations en Europe en 
provenance de Chine, Tata Steel estime ne pas être mesure 
d'améliorer le positionnement de sa filiale britannique, qui 
emploie quelque 15.000 personnes et opère notamment l'aciérie de 
Port Talbot au Pays de Galles, la plus importante du 
Royaume-Uni. 
    De ce fait, Tata dit que sa division européenne va "explorer 
toutes les options en vue d'une restructuration, y compris celle 
d'une cession de tout ou partie de Tata Steel UK". 
    En janvier, Tata Steel a déjà annoncé 1.050 suppressions 
d'emplois dans le pays, en plus des 1.170 décidées l'an dernier 
face à la chute des prix de l'acier.  ID:nL8N15222A  
    Tata Steel avait racheté Corus, alors un sidérurgiste 
anglo-néerlandais, en 2007 mais n'a jamais réussi à complètement 
remettre l'entreprise dans le sens de la marche. 
    Le groupe indien a dit poursuivre les discussions avec le 
gouvernement britannique, préoccupé par les pertes d'emploi dans 
le secteur.. 
    Port Talbot emploie encore quelque 4.000 personnes et Tata 
Steel est l'un des principales entreprises privées présentes au 
Pays de Galles. 
     
    LES SYNDICATS APPELLENT LONDRES À JOUER SON RÔLE 
    Les syndicats ont salué la décision de Tata Steel de ne pas 
fermer d'usines tout en exhortant le sidérurgiste indien à être 
"un vendeur responsable" et le gouvernement à jouer son rôle. 
    La plupart des sidérurgistes, y compris le numéro un mondial 
ArcelorMittal  ISPA.AS , sont mis à rude épreuve par la chute 
des cours de l'acier, qui s'explique essentiellement par une 
situation de surcapacités de production en Chine, premier 
consommateur de cet alliage. 
    Une telle configuration ne rend pas aisée la quête d'un 
repreneur. 
    "Tata Steel ne trouvera peut-être pas un acheteur dans 
l'immédiat pour ses activités britanniques mais il pourrait y 
parvenir d'ici six mois si, comme anticipé, l'Europe prend des 
mesures pour endiguer le flux d'importations bon marché qui 
inondent la région", a estimé Ashish Kejriwal, analyste chez 
Elara Capital. 
    Le groupe indien est le deuxième producteur d'acier en 
Europe avec une présence dans nombre de pays. Tata Steel a 
ramené sa capacité de production dans la région à un peu plus de 
18 millions de tonnes par an. Sur ce total, les capacités de 
seulement 14 millions sont opérationnelles. 
    Deux de ses trois principaux sites européens, Port Talbot et 
Scunthorpe, sont en Grande-Bretagne et le troisième aux 
Pays-Bas. 
    Sur les cinq dernières années -- période au cours de 
laquelle Tata Steel a passé dans ses comptes quelques 2,9 
milliards de dollars (2,55 milliards d'euros) de dépréciations 
d'actifs liées à sa filiale britannique -- le cours de l'action 
du groupe a été divisé par deux. 
    En fin de séance à la Bourse de Bombay, le titre gagnait 
2,3%. 
 
 (Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par 
Véronique Tison) 
 

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