Tarifs de l'électricité : le nouveau calcul entraînera une hausse de 1,6% minimum

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chris2766/shutterstock.com
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(AFP) - Les tarifs réglementés de l'électricité (hors taxes) augmenteront de 1,6% minimum pour les particuliers, a estimé mercredi la Commission de régulation de l'énergie (CRE) en appliquant la nouvelle méthode de calcul voulue par le gouvernement, mais la hausse sera bien supérieure en incluant des rattrapages tarifaires.

Cette nouvelle méthode, dite par "empilement", prévoit de fixer le tarif par "l'addition" des coûts des différentes composantes de la filière, dont le prix de l'électricité sur le marché de gros, et non plus par l'unique considération des coûts comptables d'EDF.

Ainsi, se superposeront le coût de production nucléaire (Arenh), le complément à la fourniture d'électricité, les coûts commerciaux d'EDF, les coûts d'acheminement calculés par le régulateur de l'énergie (Turpe), ainsi qu'une rémunération pour EDF.

L'Arenh, le prix auquel EDF doit revendre jusqu'au quart de son électricité nucléaire à ses concurrents, est actuellement fixé à 42 euros par mégawattheure, mais il pourrait augmenter à 44 euros l'an prochain puis à 46 euros en 2016, selon la CRE.

Les prix du marché de gros, qui représenteront de 7 à 10% de l'empilement total, ont en revanche fortement baissé depuis deux ans.

Le calcul de la CRE n'inclut toutefois pas un montant de 1,1 milliard d'euros de manque à gagner subi par l'opérateur historique en 2012 et 2013 en raison de l'écart entre les tarifs appliqués et les coûts qu'il a supportés, qui devrait faire l'objet d'un rattrapage et entraîner une hausse plus importante des tarifs.

Le gouvernement s'était engagé en 2013 à augmenter les tarifs de 5% au 1er août, après une augmentation similaire intervenue l'an dernier, mais la ministre de l'Ecologie et de l'Energie avait annoncé en juin son intention de ne pas l'appliquer au motif qu'une réforme de leur mode de calcul est en cours pour préserver le pouvoir d'achat des consommateurs.

Ségolène Royal avait pris un arrêté en ce sens le 28 juillet, attaqué devant le Conseil d'Etat par les fournisseurs alternatifs. La juridiction administrative avait décidé en référé, le 12 septembre, de ne pas le suspendre, mais une décision reste attendue sur le fond.

Cette méthode par "l'addition", prévue par la loi dite "Nome" (Nouvelle organisation du marché de l'électricité) votée en 2010, devait entrer en vigueur fin 2015 au plus tard, mais le gouvernement a souhaité anticiper sa mise en oeuvre. Elle devrait faire prochainement l'objet d'un décret gouvernemental, qui précédera un arrêté d'évolution tarifaire.

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  • Gauvin45 le jeudi 16 oct 2014 à 05:59

    la concurrence n'a pas pour but de faire baisser les prix normalement ?

  • am013 le mercredi 15 oct 2014 à 22:27

    Et encore des augmentations...ils nous prennent pour des c.o.n.s