Tareq Oubrou : "On n'a pas assez intégré les jeunes aux institutions"

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Avec la suspension des règles de droit, il y aura des abus et des erreurs, avertit Tareq Oubrou, recteur de la grande mosquée de Bordeaux.
Avec la suspension des règles de droit, il y aura des abus et des erreurs, avertit Tareq Oubrou, recteur de la grande mosquée de Bordeaux.

Tareq Oubrou est recteur de la grande mosquée de Bordeaux, et l'auteur d'Imams en colère (Bayard, 2012).

Le Point : Selon vous, qui est responsable de la fracture générationnelle entre les jeunes musulmans et leurs représentants ?

Tareq Oubrou : Je n'aime pas désigner des coupables. Toutes les générations se construisent dans la rupture. La deuxième génération ne rase pas les murs. Ils n'ont pas ce complexe des primo-migrants, qui ne se sentaient pas totalement français. Certes, on n'a pas assez intégré les jeunes dans les institutions religieuses. Nous avons construit des mosquées et il est parfois difficile aux anciens de laisser le pouvoir aux jeunes. Mais qu'ils créent leurs propres mosquées, plutôt que de rester toujours dans un esprit de revendication !

D'où viennent ces nouvelles revendications ?

Ces jeunes sont les héritiers d'une éducation soixante-huitarde. Ils n'ont pas de repères et rejettent l'ancienne culture de leurs parents, qui étaient beaucoup plus sécularisés. Ils ont eu le sentiment que la société ne les reconnaissait pas comme français et les stigmatisait comme musulmans. Par réaction, ils se sont saisis de cette identité, pour en faire une fierté, voire un orgueil. Dans le même temps, l'internet et les paraboles ont importé des discours religieux venus de l'extérieur. Car le salafisme est plus moderne que les autres traditions : il est traduit en français...

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  • danielk6 le vendredi 4 déc 2015 à 14:29

    Qui ne se sentent pas totalement Français, c'est de de prendre un aller simple et choisir un pays de l'autre coté de la méditerranée .

  • bordo le vendredi 4 déc 2015 à 11:43

    Ah ben c'est pas leur faute alors. Toujours cette promptitude à se trouver des excuses. En revanche pour les pov' gaulois qui bossent, tout est de leur faute.