Talès : " Aux impacts, ça piquait un peu "

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Talès : " Aux impacts, ça piquait un peu "
Talès : " Aux impacts, ça piquait un peu "

Lucide, Rémi Talès est revenu jeudi sur la prestation du XV de France face à la Roumanie. Conscient que le XV de France " peut mieux faire ", le demi d'ouverture tricolore reconnait que le combat contre les Roumains a été difficile mais ne boude pas son plaisir d'être là.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL EN ANGLETERRE, JEAN-FRANCOIS PATURAUD

Rémi Talès, Philippe Saint-André a dit qu’il était content de votre match, que votre performance était propre. Vous confirmez ?
(sourire) Oui, c’était propre. Mais j’aurais aimé faire plus comme tous mes coéquipiers. On avait envie de prendre beaucoup de plaisir et d’envoyer beaucoup de jeu. On est tombés face à une équipe coriace et on a perdu la guerre des rucks. Ensuite, c’est compliqué de mettre en place du jeu de mouvement. On a gagné avec le bonus, l’objectif a été atteint. Mais c’est sûr, peut mieux faire. On n’a pas réussi tout ce qu’on avait prévu.

Aviez-vous des doutes sur votre capacité à tenir le rythme alors que vous n’aviez pas joué 80 minutes depuis longtemps ?
On a beaucoup bossé physiquement mais les matchs, c’est différent. Ma dernière titularisation c’était au mois de mai avec Castres donc j’avais un peu d’appréhension avant le match. Mais j’ai réussi à faire 80 minutes, même s’il n’y avait pas non plus un rythme de fou.

Il y a eu un gros coup de colère de Saint-André à la mi-temps…
Oui, on s’est fait un peu engueulés mais c’est normal après la première demi-heure qu’on avait produite. On a été un peu pris dans l’engagement face à ces Roumains. Il faut leur rendre hommage parce qu’ils sont vraiment très costauds. On le savait avant le match, on en a eu la certitude. Aux impacts, ça piquait un peu. On a mérité cette colère.

Cela arrive-t-il souvent à Saint-André de s’emporter comme ça lors des mi-temps ?
Ça arrive, pas à tous les matchs mais ça arrive. Quand on le mérite, je pense que c’est nécessaire. C’est normal, on l’accepte, on est des grands garçons.

Le plaisir de Talès

Prend-t-on du plaisir à l’ouverture dans un match comme celui de mercredi ?
C’est vrai que ç’a été un match un peu compliqué mais tant qu’on est sur le terrain on prend du plaisir. C’était un match de Coupe du monde. On aurait aimé qu’il y ait plus de jeu, notamment moi. Mais c’est toujours un bonheur de jouer un match comme ça, de représenter la France devant 50000 personne. Ce n’est que du plaisir.

Vous avez un nouveau co-locataire…
Oui, Rémy (Grosso) nous a rejoints. C’est difficile parce qu’il remplace Yoann (Huget) qui était très, très important dans ce groupe. Personnellement, je suis content que Rémy nous ai rejoints parce que c’est un ami. J’espère qu’il va nous amener sa bonne humeur et nous apporter sur le terrain. Je n’en doute pas.

On a évoqué des soucis d’engagement lors de ce match contre la Roumanie. Que faut-il changer pour le match face à l’Irlande ?
D’abord il y a le Canada, un match qu’il faut gagner pour espérer finir premier de poule. Je pense qu’on va en bouffer toute la semaine des rucks. Contre l’Italie déjà on avait eu quelques manques à ce niveau, pas lors des matchs de préparation. Il faut que le soutien soit plus proche du porteur de balle pour ne pas le laisser s’isoler.

Pensez-vous que le match face au Canada va ressembler à celui contre la Roumanie ?
Ce sera un tout autre match. Physiquement ils sont comme les Roumaines, très costauds. Ce sera un bon test à ce niveau-là et dans les rucks.

Talès veut retenir les neuf points

Le XV de France concède beaucoup de pénalités. Comment s’améliorer dans ce domaine ?
C’est à nous de nous responsabiliser. Pareil, pendant les matchs de préparation c’était le gros point fort de l’équipe avec seulement huit pénalités en moyenne par match. On veut tendre vers ça. A ce niveau, si on veut espérer gagner, on doit être plus « propres » et éviter toutes ces petites fautes bêtes qui peuvent couter un match.

On vous a un peu collé une étiquette d’équipier modèle qui se satisfait d’une place de remplaçant. Avec Morgan (Parra), avez-vous abordé le match en ayant envie de montrer que vous étiez plus qu’une alternative ?
Mais bien sûr ! On n’est pas là, avec Morgan, juste pour être remplaçant et se contenter de jouer cinq minutes. Par contre, on accepte la hiérarchie. On avait envie et à cœur de montrer ce qu’on valait. C’était compliqué sur ce match mais on a aussi envie de titiller les titulaires. On n’est pas là juste pour faire partie du groupe France et profiter de la Coupe du monde.

Est-ce un soulagement d’avoir bien maitrisé ce premier bloc de deux matchs ?
Oui, on avait pour objectif de bien entamer la compétition. On s’était fixé ces deux matchs avec l’objectif de prendre un maximum de points ; on en a pris neuf sur dix donc d’un point de vue comptable, c’est très, très bien. Le match contre l’Italie était très important pour la qualification. On avait la pression mais les anciens nous ont apaisés et nous ont dit d’aborder ce match comme les autres. Contre l’Italie, ç’a plutôt bien fonctionné et hier (mercredi) aussi. Il y a neuf points en deux journées, c’est ce qu’il faut retenir.

Avez-vous le temps de vous intéresser aux autres rencontres de cette Coupe du monde ?
Oui, on est amoureux de ce sport donc dès qu’il y a un match on est tous à le regarder. On voit qu’aujourd’hui il n’y a pas de match facile. Même les grosses nations face aux soi-disant petites nations mettent une mi-temps pour creuser l’écart. On a vu le Japon, la Géorgie… De plus en plus de joueurs viennent en Europe et progressent en travaillant au quotidien dans des grands clubs. Ils ont eu, comme nous, trois mois de préparation et il n’y a plus de petite équipe. Sur la durée de la compétition, c’est sûr, il va y avoir des écarts mais on voit qu’il faut aborder tous les matchs de la même façon.

(avec JMD)

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