Taiwan veut rejoindre la banque lancée par Pékin, Tokyo hésite

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(Actualisé avec Japon et Norvège et réaction de la Chine) TOKYO/TAIPEH, 31 mars (Reuters) - Le Japon reste réticent à l'idée de rejoindre la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB) lancée par la Chine, alors que Taiwan et la Norvège disent en revanche vouloir intégrer cette institution. Les hésitations du Japon devraient l'empêcher d'obtenir le statut de membre fondateur de l'AIIB, Pékin ayant fixé la date-butoir au dépôt des candidatures à ce mardi. Le ministre japonais des Finances, Taro Aso, a répété les inquiétudes de son pays quant au mode de gouvernance de l'AIIB, à sa viabilité financière et à ses dispositifs sociaux et environnementaux. "A moins que ces conditions ne soient remplies, le Japon n'a d'autre choix que d'être très prudent quant à sa participation", a-t-il dit à la presse à l'issue d'une réunion gouvernementale. Les Etats-Unis voient d'un mauvais oeil la création de l'AIIB qui pourrait entraver leurs efforts destinés à accroître leur influence dans la région Asie-Pacifique. Cette institution viendra en outre concurrencer la Banque asiatique de développement et la Banque mondiale mais en dépit de l'opposition des Etats-Unis, nombre de leurs alliés dont le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France, ont fait acte de candidature comme membres fondateurs. Dans un communiqué publié lundi soir, la présidence taiwanaise a jugé qu'une participation à l'AIIB faciliterait les efforts d'intégration de Taiwan au sein de la région et renforcerait la perspective d'une adhésion ultérieure aux instances internationales. On ignore précisément comment la Chine, qui considère l'île-refuge des nationalistes chinois en 1949 comme une province sécessionniste, et n'entretient pas de lien diplomatique avec Taipeh, accueillera cette candidature. Interrogé à ce sujet, Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a répondu: "Notre position de principe n'a pas changé et il s'agira d'une organisation ouverte, inclusive et multilatérale à laquelle nous invitons tout le monde à se joindre". "Mais en ce qui concerne Taiwan, elle doit respecter les principes propres à la situation, qui consistent à éviter l'apparition d'un problème de type 'deux Chines' ou 'une Chine, une Taiwan'." En raison des pressions chinoises, la plupart des pays du monde, dont les Etats-Unis, ne reconnaissent pas Taiwan, qui n'est pas membre des Nations unies ni de la Banque mondiale ou du Fonds monétaire international. La Norvège a également fait acte de candidature. "La Norvège est un contributeur important aux efforts de développement international et souhaite se joindre aux pays d'Asie et d'ailleurs pour définir plus précisément la structure et les missions de l'AIIB", dit le ministre norvégien des Affaires étrangères, Børge Brende, dans un communiqué diffusé sur le site internet du gouvernement. (Tetsushi Kajimoto, avec Jeanny Kao et Michael Gold à Taipeh, Ben Blanchard et Sui-Lee Wee à Pékin; Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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