Table ronde à Kiev pour tenter de résoudre la crise ukrainienne

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DISCUSSIONS À KIEV POUR TENTER DE METTRE FIN À LA CRISE
DISCUSSIONS À KIEV POUR TENTER DE METTRE FIN À LA CRISE

par Richard Balmforth

KIEV (Reuters) - Responsables politiques et représentants de la société civile ukrainienne ont entamé mercredi à Kiev des discussions sur une décentralisation de l'Ukraine afin de résoudre la crise actuelle, réunion dont sont exclus les séparatistes pro-russes de l'est du pays.

Cette table ronde intervient dans un moment de grande tension, au lendemain de la mort de sept soldats ukrainiens tombés dans une embuscade près de la ville sécessionniste de Kramatorsk - le bilan le plus lourd pour l'armée de Kiev depuis qu'elle a été envoyée le mois dernier dans l'Est mener une opération "antiterroriste".

Dimanche dernier, les électeurs des régions de Donetsk et de Louhansk se sont massivement prononcés par référendum pour l'indépendance, scrutins que Kiev et les puissances occidentales jugent illégaux, nuls et non avenus.

Le lendemain, les dirigeants séparatistes de Donetsk et de Louhansk ont demandé le rattachement de leurs deux "Républiques populaires" à la Fédération de Russie.

Le Kremlin a dit "respecter" le résultat des deux consultations mais a gardé le silence sur une éventuelle annexion, près de deux mois après le retour de la Crimée dans le giron russe.

Les discussions dans l'immeuble du Parlement à Kiev réunissent ministres, chefs de partis politiques, candidats à l'élection présidentielle du 25 mai, représentants des milieux d'affaires et responsables des régions.

Il s'agit notamment de chercher les moyens de calmer les visées séparatistes dans l'Est par une politique de décentralisation accordant une plus grande autonomie aux régions, tout en refusant l'idée de "fédéralisation" avancée par le Kremlin et les séparatistes.

"PAS DE DISCUSSIONS AVEC DES TERRORISTES"

Les autorités de Kiev ont refusé la participation à la réunion des rebelles prorusses qu'elles considèrent comme des "terroristes".

"Nous sommes prêts à discuter avec tous ceux qui ont des objectifs politiques légitimes et agissent dans le respect de la loi, avec tous ceux qui n'ont pas de sang sur les mains", ont déclaré dans un communiqué commun, avant la réunion, le président par intérim Oleksander Tourtchinov et le Premier ministre Arseni Iatseniouk.

A l'ouverture des discussions, les dirigeants du pays ont violemment attaqué la Russie, Tourtchinov accusant Moscou de mener "une action de déstabilisation systématique des régions de l'est et du sud de l'Ukraine" qui a conduit à "une situation explosive".

Evoquant l'exclusion des séparatistes de la réunion, Arseni Iatseniouk a déclaré: "Nous mènerons le dialogue avec tous ceux qui ne tuent pas nos concitoyens".

Il a prôné la décentralisation pour tenter de mettre fin à la crise.

"En utilisant les mécanismes permettant de réviser la Constitution, nous devrions être capables de décentraliser et de confier plus de pouvoirs aux autorités régionales", a-t-il dit.

RINAT AKHMETOV SOUTIENT LA DÉCENTRALISATION

Dans un communiqué, l'homme le plus riche d'Ukraine, Rinat Akhmetov, a appuyé cette politique de décentralisation, "seul moyen" selon lui de sortir de la crise.

Dans le bastion rebelle de Slaviansk, le maire autoproclamé, le séparatiste Viatcheslav Ponomariov, a raillé la réunion de Kiev.

"C'est la junte qui a organisé ça ? Pour que nous acceptions de discuter avec la junte de Kiev, il faut que celle-ci retire immédiatement ses troupes des régions de Donetsk, Kharkov et Louhansk... Tant que les soldats ukrainiens seront sur notre territoire, il n'y aura pas de discussions", a-t-il dit.

Il n'y a pas eu de négociations officielles entre le gouvernement ukrainien et les séparatistes depuis début avril, lorsque la crise a éclaté, et l'absence des rebelles à la table ronde n'incite guère à l'optimisme sur l'issue de cette réunion.

"Il n'y a aucune raison d'attendre la moindre décision concrète", estime l'analyste indépendant Volodimir Fesenko. "En l'absence de représentants de l'Est, cette table ronde n'a aucun sens."

La rencontre pourrait cependant donner lieu à de vifs échanges entre le gouvernement provisoire, issu de l'insurrection de Maïdan en février dernier, et l'opposition, notamment représentée par le Parti des régions de l'ancien président Viktor Ianoukovitch.

Pour les opposants, le nouveau pouvoir n'a fait qu'attiser les tensions en envoyant l'armée dans l'Est le mois dernier.

Dans un communiqué publié avant la réunion, les députés du Parti des régions demandent l'arrêt des opérations militaires dans l'est du pays et "la fin des effusions de sang et des massacres".

(Avec Aleksandar Vasovic à Kramatorsk, Richard Balmforth et Pavel Polityuk; Guy Kerivel pour le service français)

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  • v.sasoon le mercredi 14 mai 2014 à 19:45

    http://www.voltairenet.org/article183660.html