Syrie-USA et Russie peinent à s'accorder sur une trêve à Alep

le , mis à jour à 23:01
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 (Actualisé avec appel de l'Allemagne) 
    par Roberta Rampton et John Davison 
    HANGZHOU, Chine/BEYROUTH, 4 septembre (Reuters) - Barack 
Obama n'a pas caché dimanche que les Etats-Unis et la Russie 
peinaient à conclure un accord de cessez-le-feu en Syrie et les 
deux pays ont convenu de se revoir à nouveau lundi, alors que 
les combats continuent de faire rage sur le terrain.  
    "Nous n'y sommes pas encore", a dit le président américain 
après un entretien avec la chef du gouvernement britannique, 
Theresa May, en marge du sommet du G20 à Hangzhou, dans l'est de 
la Chine.  
    "Nous avons de profonds désaccords avec les Russes en ce qui 
concerne à la fois les parties que nous soutenons et le 
processus requis pour ramener la paix en Syrie", a-t-il dit.  
    Un accord sur une trêve et une aide humanitaire semblait 
pourtant sur le point d'être annoncé dimanche à Hangzhou par le 
secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre russe des 
Affaires étrangères Sergueï Lavrov.  
    Deux pupitres avaient été installés dans une pièce en vue 
d'une conférence de presse. Mais John Kerry s'est présenté 
finalement seul devant les journalistes en déclarant qu'un 
certain nombre de questions restaient à régler et que les deux 
parties avaient convenu de reprendre leurs discussions lundi. Il 
n'a pas donné de détails. 
    "Si nous n'obtenons pas quelque chose des Russes en matière 
de réduction de la violence et d'allègement de la crise 
humanitaire, il sera difficile de passer à la phase suivante", a 
de son côté souligné Barack Obama.     
    Depuis la visite de John Kerry à Moscou en juillet dernier, 
des responsables des deux puissances négocient un accord censé 
faire cesser les hostilités en garantissant le retrait des 
forces gouvernementales de certaines régions, y compris Alep, et 
en autorisant des convois humanitaires à gagner des zones où des 
civils sont pris au piège par les combats.  
     
    DÉMILITARISATION AU NORD D'ALEP 
    Le cessez-le-feu serait supervisé grâce à un partage des 
renseignements entre Russes et Américains et une coopération 
militaire contre des organisations comme l'Etat islamique. 
    Mais John Kerry a déclaré qu'il n'était pas pressé d'obtenir 
un accord pour le voir échouer par la suite, comme le premier 
accord de cessation des hostilités conclu entre Washington et 
Moscou en février dernier.  
    D'après l'émissaire américain pour la Syrie Michael Ratney, 
le pacte en cours de négociation prévoit un cessez-le-feu dans 
l'ensemble du pays, la levée du blocus d'Alep et la 
démilitarisation de la région située au nord de cette ville. 
    Dans une lettre à l'opposition armée datée du 3 septembre, 
que Reuters a pu consulter, Michael Ratney précise que l'accord 
stipule que Moscou devra empêcher les bombardements aériens de 
l'armée syrienne sur l'opposition modérée et que les forces de 
Damas devront se retirer des abords de la route "Castello", qui 
va d'Alep à la frontière turque et qui serait démilitarisée. 
    En contrepartie, les Etats-Unis s'engagent à collaborer avec 
la Russie dans la lutte contre Al Qaïda, dit l'émissaire sans 
autre précision. Al Qaïda était jusqu'à récemment liée au Front 
al Nosra, le principal groupe rebelle syrien. 
    Selon un haut responsable du département d'Etat, les Russes 
sont toutefois revenus sur des points sur lesquels les deux 
parties s'étaient auparavant accordées.  
    "Les USA ont fait une offre. La Russie peut désormais 
montrer qu'elle tient réellement à assister à la fin des combats 
en Syrie", déclare le ministre allemand des Affaires étrangères 
Frank-Walter Steinmeier dans un entretien à paraître lundi.  
    "Même la Russie ne peut avoir intérêt à la poursuite des 
combats en Syrie. Moscou sait, comme tout le monde, qu'il n'y 
pas de solution militaire au conflit syrien", poursuit-il. 
    La chancelière Angela Merkel, qui s'est entretenue pendant 
deux heures avec Vladimir Poutine en marge du sommet du G20, a 
quant à elle jugé la situation humanitaire "catastrophique".  
    Sur le terrain, Les forces gouvernementales syriennes et 
leurs alliées ont repris dimanche des secteurs du sud-ouest 
d'Alep conquis il y a près d'un mois par la rébellion, a déclaré 
l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).   
    Au nord-est d'Alep, les rebelles soutenus par la Turquie ont 
repoussé les combattants de l'Etat islamique de plusieurs 
secteurs proches de la ville d'Al Raï, a déclaré un commandant 
rebelle, Zakaria Malahifji.  
 
 (Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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