Syrie-Une réunion opposition-gouvernement prévue en janvier

le , mis à jour à 23:49
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 (Actualisé, précisions, §§ 1-3) 
    par Angus McDowall  
    RYAD, 10 décembre (Reuters) - Une délégation commune de 
l'opposition syrienne rencontrera dans les dix premiers jours de 
janvier des représentants du gouvernement syrien, a annoncé 
jeudi soir le Saoudien Abdoulaziz al Sager, qui a présidé 
pendant deux jours à Ryad une conférence de plusieurs groupes 
hostiles au président Bachar al Assad. 
    Ce seront les premières discussions de ce type depuis deux 
ans. 
    "Il y aura en janvier une réunion décidée par (l'émissaire 
de l'Onu Staffan) de Mistura. Une rencontre entre l'opposition 
et le régime syrien pour aller vers une période de transition", 
a dit lors d'une conférence de presse le responsable saoudien, 
directeur du Gulf Research Center. Cette réunion "aura lieu dans 
les dix premiers jours de janvier", a-t-il ajouté.  
    Dans une déclaration commune approuvée à l'issue de cette 
réunion, les représentants de l'opposition appellent à la 
création d'un Etat "civil" inclusif et démocratique en Syrie et 
exigent le départ du président Bachar al Assad dès le début de 
la période de transition. 
    Le texte du communiqué de la conférence de Ryad, que Reuters 
a pu consulter, assure qu'il n'y aura pas dans la nouvelle Syrie 
de discriminations ou d'exclusions "sur des bases religieuse, 
sectaire ou ethnique". 
    Il promet la préservation des institutions étatiques et la 
restructuration de l'armée et des services de sécurité. 
    Selon l'agence de presse saoudienne, les opposants appellent 
aussi le gouvernement syrien à faire des gestes de bonne volonté 
avant le début de négociations de paix, en libérant des 
prisonniers politiques et en levant le siège militaire de zones 
rebelles.  
    Le groupe rebelle islamiste Ahrar al Cham, le mouvement armé 
le plus puissant participant à la conférence, avait annoncé 
jeudi son départ mais a finalement signé la déclaration finale. 
     
    DÉLÉGATION COMMUNE 
    Les insurgés islamistes avaient pourtant dénoncé la trop 
grande place accordée, selon eux, à l'opposition politique 
interne, le Comité national de coordination des forces de 
changement démocratique (CNCD), basé à Damas et jugé trop proche 
du régime de Bachar al Assad. 
    Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, Ahrar al 
Cham avait également jugé que la conférence n'avait pas assez 
mis en avant "l'identité musulmane" du peuple syrien. 
    Un peu plus tôt, un membre de la Coalition nationale 
syrienne (CNS), principal organe de l'opposition en exil, avait 
déclaré que les opposants s'étaient entendus sur le principe de 
la formation d'une délégation commune réunissant mouvements 
politiques et groupes armés. 
    Monzer Akbik, qui s'exprimait à Dubaï, où il a été informé 
des décisions prises en Arabie saoudite, a précisé que ce groupe 
de 25 délégués serait composé de six membres de la CNS, six 
représentants des factions rebelles, cinq représentants de la 
CNCD et huit personnalités indépendantes. 
    "Ils représenteront toutes les factions de l'opposition, 
politique et militaire, et seront chargés de prendre les 
décisions en vue d'un règlement politique", a-t-il déclaré. 
    Monzer Akbik n'a cependant pas été en mesure de dire si les 
participants à la conférence de Ryad avaient pu s'entendre sur 
les noms des délégués en question. "Dieu seul sait" si les 
discussions aboutiront sur ce point, a-t-il ajouté. 
    La formation d'une délégation commune constituerait une 
avancée importante après les accords conclus mercredi sur des 
points plus consensuels, comme le refus de voir Bachar al Assad 
et ses proches jouer un rôle dans la transition politique et le 
départ des forces étrangères de Syrie.  ID:nL8N13Y2W9  
     
    KERRY SE VEUT OPTIMISTE 
    La volonté de priver Bachar al Assad de tout rôle dans 
l'avenir du pays est exprimée de manière bien plus vigoureuse 
par ses opposants que par les pays occidentaux qui les 
soutiennent. 
    Si les Occidentaux appellent au départ du dirigeant syrien, 
ils restent relativement évasifs sur la date à laquelle ils 
souhaiteraient le voir quitter le pouvoir, certains n'excluant 
pas son maintien pendant une période de transition. 
    A Paris, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a 
qualifié la conférence de Ryad de "très constructive", et a 
estimé qu'elle progressait. 
    "Je pense que tout le monde va dans la direction souhaitée 
pour que débute un processus politique", a-t-il dit. "Il y a 
donc des progrès, mais il reste des sujets ardus à aborder." 
    Une réunion le 18 décembre à New York est possible mais pas 
certaine, les différentes parties attendant toujours le résultat 
de la conférence de Ryad, a ajouté le chef de la diplomatie 
américaine, qui doit se rendre la semaine prochaine à Moscou 
pour discuter du dossier syrien. 
    Les dissensions au sein de l'opposition ont fait échouer la 
précédente tentative de pourparlers, à Genève, il y a près de 
deux ans. Elles compliquent aujourd'hui la tâche des 
Occidentaux, qui s'efforcent de soutenir des rebelles "modérés", 
et profitent aux groupes islamistes les plus radicaux, Etat 
islamique (EI) ou Front al Nosra, qui s'appuient sur ces 
divisions pour renforcer leur pouvoir. 
    Jeudi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères,  
Hossein Amirabdollahian, dont le pays est avec la Russie le 
principal soutien de Bachar al Assad, a accusé, sans les nommer, 
"certains groupes" représentés à Ryad d'être liés à l'EI. 
    "Certains groupes terroristes liés à l'EI participent aux 
discussions (...) Nous ne laisserons pas ces groupes terroristes 
décider de l'avenir de la Syrie", a-t-il déclaré selon des 
propos rapportés par l'agence de presse semi-officielle Fars. 
 
 (Avec Sylvia Westall et Tom Perry à Beyrouth, Suleiman al 
Khalidi à Amman, Sami Aboudi et Dominic Evans à Dubaï; 
Jean-Stéphane Brosse, Nicolas Delame, Tangi Salaün et Guy 
Kerivel pour le service français) 
 
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