Syrie-Un rapport de l'Onu dénonce une politique d'"extermination"

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    par Stephanie Nebehay 
    GENEVE, 8 février (Reuters) - Le nombre massif de décès dans 
les geôles syriennes tient de la politique d'"extermination" et 
est assimilable à un crime contre l'humanité pratiqué par le 
régime de Damas, estiment des enquêteurs des Nations unies dans 
un rapport rendu public lundi.  
    Cette commission d'enquête demande au Conseil de sécurité de 
l'Onu d'imposer des "sanctions ciblées" aux membres de la 
hiérarchie civile et militaire syrienne directement responsables 
ou complices de la mort, de la torture et de la disparition de 
détenus. Elle s'abstient toutefois de les nommer.  
    Le rapport, intitulé "Loin des yeux : Morts en détention" 
couvre la période allant du 10 mars 2011 au 30 novembre 2015 et 
s'appuie sur des entretiens avec 621 survivants et témoins ainsi 
que du matériel documentaire réuni par l'équipe dirigée par le 
Brésilien Paulo Pinheiro. 
    Le nombre de personnes maintenues en détention par le 
gouvernement du président Bachar al Assad est estimé à des 
dizaines de milliers.  
    Des milliers d'autres ont "disparu" après leur arrestation 
par les forces de sécurité gouvernementales, ou leur enlèvement 
par des groupes armés, soulignent les enquêteurs de l'Onu.  
    "Les meurtres et décès décrits dans ce rapport surviennent à 
une fréquence élevée, sur une longue période de temps et en de 
multiples endroits, avec un soutien logistique important 
impliquant de vastes ressources de l'Etat", poursuit le rapport. 
    "Il est raisonnable de penser que la conduite décrite 
revient à une extermination assimilable à un crime contre 
l'humanité." 
    De même, ajoutent les enquêteurs, il est raisonnable de 
penser que des "officiers de haut rang", parmi lesquels les 
chefs des administrations responsables des centres de détention 
et de la police militaire, ainsi que leurs supérieurs civils, 
sont au courant de ces décès massifs en détention.  
    Ils sont donc "pénalement responsables à titre individuel", 
estiment les experts de l'Onu, qui réclament une nouvelle fois 
que la Syrie soit poursuivie par la Cour pénale internationale. 
    Quant aux groupes islamistes Front al Nosra et Etat 
islamique, ils ont commis des exécutions de masse de soldats 
gouvernementaux qu'ils avaient capturés et ont soumis les civils 
à des "procès illicites" par des tribunaux religieux ayant 
ordonné des peines capitales.  
    "La recherche des responsabilités pour ces crimes et 
d'autres doivent faire partie de toute solution politique", 
concluent les enquêteurs.  
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Tangi 
Salaün) 
 
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