Syrie-Un groupe rebelle accroît le doute sur Genève

le , mis à jour à 20:22
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 (Actualisé avec Mistura) 
    BEYROUTH, 10 janvier (Reuters) - Un important groupe de 
rebelles syriens a estimé qu'il était inacceptable d'engager des 
négociations sur une solution politique au conflit en Syrie tant 
que des civils mouraient de faim ou dans des bombardements. 
    Dans un communiqué, l'Armée de l'islam (Djaïch al islam) 
estime également que le meilleur moyen de contraindre Damas à un 
accord est de fournir à la rébellion des missiles anti-aériens. 
    Cette déclaration vient un peu plus jeter le doute sur les 
chances de succès de la médiation de l'Onu qui a prévu 
d'organiser des pourparlers de paix à Genève à partir du 25 
janvier. 
    L'Armée de l'islam, qui fait partie d'un nouveau conseil 
chargé de superviser les négociations pour l'opposition, 
explique que "le meilleur moyen de contraindre le régime 
(syrien) à accepter une solution (politique) et à s'y tenir" est 
d'autoriser des Etats à soutenir l'opposition en fournissant aux 
insurgés des moyens de défense aérienne. 
    Le communiqué, transmis au cours de la nuit par un 
porte-parole, affirme que l'organisation s'assurerait que ces 
armements ne tomberaient pas aux mains de groupes qui pourraient 
les utiliser "illégalement". 
    Plusieurs gouvernements étrangers, dont ceux des Etats-Unis 
et de l'Arabie saoudite, fournissent un soutien matériel aux 
opposants de Bachar al Assad mais refusent pour l'instant de 
livrer des missiles anti-aériens par crainte qu'ils ne tombent 
aux mains de djihadistes. 
     
    DIZAINES DE CIVILS TUÉS 
    Le gouvernement syrien tient l'Armée de l'islam pour un 
groupe terroriste au même titre que tous les groupes en lutte 
contre le pouvoir d'Assad. 
    Les autorités syriennes ont indiqué samedi à l'émissaire de 
l'Onu, Staffan de Mistura, qui sillonne la région pour préparer 
les négociations de paix, qu'elles étaient prêtes s'asseoir à la 
table des négociations à condition de connaître le nom de tous 
les représentants de l'opposition qui seront présents. 
  
    Staffan de Mistura était à Téhéran dimanche et le ministre 
des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, l'assuré que la 
crise diplomatique avec l'Arabie saoudite n'aurait pas de 
conséquences sur la conférence de Genève, dit-il dans un 
communiqué. Il assure avoir obtenu les mêmes garanties de la 
part de Ryad.  
    L'Arabie saoudite a rompu dimanche dernier ses relations 
diplomatiques avec l'Iran après le saccage de son ambassade de 
Téhéran par des manifestants qui dénonçaient l'exécution d'un 
dignitaire chiite saoudien, le 2 janvier.   
    L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a par 
ailleurs annoncé que le bilan des victimes de frappes aériennes 
russes de samedi contre une ville du nord-ouest de la Syrie 
tenue par les rebelles, Maarat al Nouman, s'était alourdi à 81 
morts, dont au moins 52 civils. 
    Parmi les tués figurent aussi 23 combattants du Front al 
Nosra, la branche syrienne d'Al Qaïda, et six autres 
djihadistes, selon l'OSDH, organisation proche de l'opposition 
et basée en Grande-Bretagne. 
    Les raids aériens russes ont frappé le tribunal et la prison 
contrôlés par le Front al Nosra ainsi que des quartiers 
d'habitation de Maarat al Nouman, grand centre urbain de la 
province d'Idleb, dont les villes sont la cible d'intenses 
bombardements russes depuis deux mois. 
 
 (Tom Perry avec Stephanie Nebehay à Genève; Pierre Sérisier, 
Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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