Syrie-Un camp de réfugiés cible de frappes russes-rebelles

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    par Suleiman Al-Khalidi 
    AMMAN, 13 juillet (Reuters) - Des avions soupçonnés 
d'appartenir à l'armée russe ont bombardé mardi un camp de 
réfugiés en Syrie, à la frontière avec la Jordanie, faisant au 
moins 12 morts et de nombreux blessés, annoncent des rebelles 
syriens. 
    Plusieurs avions de combat volant à haute altitude ont 
frappé aux alentours de midi un camp de fortune qui abrite 
quelques centaines de personnes, pour la plupart des femmes et 
des enfants, dans un no-man's land du côté syrien de la 
frontière, ont dit les rebelles. 
    Le ministère russe de la Défense n'a pas fait de 
commentaire. 
    Les frappes ont eu lieu à proximité du camp de réfugiés 
d'Hadalat, un des deux grands camps de la région, a dit Said 
Seif al Kalamoni, porte-parole d'une brigade affiliée à l'Armée 
syrienne libre (ASL), soutenue par la coalition occidentale. 
    Un haut diplomate occidental a confirmé l'incident. Selon 
les premières informations, les bombardements ont été menés par 
plusieurs avions russes, a-t-il dit. 
    Si elle sont confirmées, ces frappes seraient les plus 
proches de la frontière jordanienne menées par les forces russes 
depuis le début de leur campagne aérienne en Syrie, en septembre 
2015, en appui au régime de Bachar al Assad. 
    Fidèle allié des Etats-Unis, la Jordanie a intensifié ses 
efforts de coordination avec Moscou pour éviter que les frappes 
russes dans le sud de la Syrie ne visent les groupes rebelles 
modérés alignés le long du "Front du Sud" et soutenus par des 
pays arabes et occidentaux. 
    Le sud de la Syrie est tenu en grande partie par 
l'opposition syrienne, et la coalition occidentale tient à 
éviter qu'il ne bascule sous le contrôle de groupes djihadistes 
comme le Front al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda, ou le 
groupe Etat islamique.  
    Au moins 40 personnes, en majorité des femmes et des 
enfants, ont été blessés par les frappes aériennes. Les troupes 
de l'armée jordanienne stationnées à la frontière ont aidé à 
transporter les blessés vers des hôpitaux à l'intérieur du pays, 
a-t-on appris de source jordanienne. 
    Parmi les victimes figurent des combattants du groupe Assoud 
al Charkiya, qui lutte contre l'Etat islamique et qui fait 
partie d'un groupe modéré d'insurgés soutenus par un centre 
d'opération militaire basé à Amman, la capitale jordanienne, 
a-t-on appris de source rebelle. 
    Le camp abritait en grande partie les familles de ces 
combattants.  
    Ce secteur désolé, non loin du point de jonction entre les 
frontières irakienne, syrienne et jordanienne, compte deux camps 
de réfugiés abritant au total 60.000 personnes, échouées là 
après avoir fui le centre ou l'est de la Syrie. Les autorités 
jordaniennes leur interdisent l'entrée du pays pour des raisons 
de sécurité. 
    Le 21 juin, l'état-major de l'armée jordanienne a annoncé 
que les frontières nord et nord-est, bordant la Syrie, passaient 
sous le statut de zone militaire fermée, après la mort de six 
gardes-frontières jordaniens dans une explosion à la voiture 
piégée, voiture venue de Syrie.   
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle 
Rouquié) 
 
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