Syrie-Trois ex-dirigeants de Lafarge en garde à vue

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 (Actualisé avec réaction de LafargeHolcim §§ 4-5) 
    PARIS, 6 décembre (Reuters) - Trois anciens dirigeants de 
Lafarge, dont l'ancien PDG Bruno Lafont et l'ex-directeur 
général de LafargeHolcim  LHN.S  Eric Olsen, ont été placés 
mercredi en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur la 
cimenterie de Jalabiya, en Syrie, a-t-on appris de source 
judiciaire. 
    Le troisième homme est l'ancien directeur général adjoint 
opérations de Lafarge, Christian Herrault. 
    Tous trois sont entendus par les enquêteurs de la douane 
judiciaire, précise-t-on de même source. 
    Un porte-parole de LafargeHolcim a déclaré à Reuters que le 
groupe coopérait pleinement avec la justice française mais qu'il 
ne faisait pas de commentaire sur une enquête en cours. 
    "Sur la base des informations disponibles aujourd'hui, il 
n'existe pas d'indication selon laquelle les allégations portées 
sont susceptibles d'avoir un impact financier négatif" pour le 
groupe, a-t-il ajouté. 
    Deux anciens cadres de Lafarge et un responsable de la 
sécurité du groupe ont déjà été mis en examen vendredi dernier 
dans ce dossier.   
    L'enquête porte sur les conditions dans lesquelles le groupe 
français, absorbé en 2015 par le Suisse Holcim pour former le 
géant du ciment LafargeHolcim, a maintenu en 2013-2014 ses 
activités en Syrie dans une zone de conflit, tenue notamment par 
l'organisation de l'Etat islamique (Daech). 
    Une enquête interne a confirmé que de l'argent avait été 
versé à des groupes armés. La filiale syrienne de Lafarge LCS 
est également soupçonnée d'avoir utilisé du pétrole provenant de 
territoires contrôlés par Daech. 
    Les anciens directeurs de LCS Bruno Pescheux. et Frédéric 
Jolibois, ont été mis en examen pour financement du terrorisme, 
mise en danger d'autrui et violation de la réglementation 
relative aux relations financières avec l'étranger. 
    Jean-Claude Veillard, responsable de la sécurité du groupe, 
et toujours salarié de LafargeHolcim, a été mis en examen pour 
financement du terrorisme et mise en danger d'autrui. 
    Tous trois ont été placés sous contrôle judiciaire. 
    LafargeHolcim a déclaré en septembre condamner "avec la plus 
grande fermeté les erreurs inacceptables commises en Syrie". 
    Des organisations non gouvernementales, parties civiles dans 
ce dossier, souhaitent également faire la lumière sur ce que 
savait le gouvernement français de l'époque sur les activités de 
Lafarge en Syrie.  
    La cimenterie de Jalabiya a été mise en service en mai 2010, 
juste avant que la situation en Syrie ne se détériore et place 
l'usine et son personnel dans une situation difficile en matière 
de sécurité. Le site a été évacué en septembre 2014. 
    Selon des sources au fait de ce dossier, elle sert 
maintenant de base aux forces spéciales américaines en Syrie. 
 
 (Emmanuel Jarry, avec Oliver Hirt à Zurich, édité par Yves 
Clarisse) 
 

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  • franck8 il y a une semaine

    Lafont en garde à vue, rien que de très normal ! À quand, Bolloré ?