Syrie-Trêve à Daraya où de l'aide humanitaire arrive

le , mis à jour à 19:56
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 (Actualisé avec pas de fourniture de nourriture §4, réactions 
opposition §11-12) 
    GENEVE, 1er juin (Reuters) - Une trêve de 48 heures a été 
instaurée à Daraya à minuit, un des faubourgs de Damas, où de 
l'aide humanitaire a été acheminée mercredi, a annoncé le Bureau 
de coordination des affaires humanitaires de l'Onu (OCHA). 
    Un convoi est également parvenu à Mouadamiya, un autre 
faubourg de la capitale syrienne privé de vivres. 
    Le ministère russe de la Défense avait annoncé plus tôt 
l'entrée en vigueur d'un "régime de calme", ainsi que le 
qualifie Moscou, pour permettre l'acheminement d'une aide 
humanitaire vers Daraya, une ville où 4.000 habitants, dont 500 
enfants sont, selon l'Onu, "au bord de la famine". 
    Des médicaments, des vaccins et du lait infantile ont pu y 
être acheminés, en revanche aucune aide alimentaire n'a pu être 
apportée aux populations assiégées. Un porte-parole de l'Onu a 
dit espérer que la nourriture puisse arriver dans des convois 
ultérieurs.  
    Aucun convoi humanitaire n'avait pu se rendre à Daraya 
depuis 2012. Les camions à destination de Mouadamiya étaient 
chargés de rations alimentaires et de farine. 
    Située près d'une grande base aérienne et à quelques 
kilomètres du palais présidentiel, Daraya est assiégée depuis 
2012 et régulièrement bombardée. 
    Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense dit 
avoir coordonné l'instauration de la trêve avec les autorités 
syriennes et avec les Etats-Unis pour "livrer de l'aide 
humanitaire à la population. Elle (la trêve) a pris effet à 
minuit". 
    La date du 1er juin a été choisie à l'instigation du Groupe 
international de soutien à la Syrie (GISS), qui avait prévenu 
qu'au delà de cette date, les Nations unies se tiendraient 
prêtes à parachuter de l'aide humanitaire. 
    "Nous avons été informés que le régime autoriserait l'accès 
à Daraya, voire à Mouadimiya", a déclaré un diplomate 
occidental. 
    "Attendons donc de voir, ce n'est pas une coïncidence si 
cette annonce intervient à la veille de la date fixée pour les 
premiers parachutages. Il n'y a rien de neuf dans cette 
tactique." 
    Pour Basma Kodmani, négociateur de l'opposition syrienne, 
cette aide n'est qu'une première étape qui a été obtenue grâce à 
une pression extrême de la part de la communauté internationale 
sur le gouvernement syrien. 
    "La première leçon est que la pression et les ultimatums 
sont les seuls moyens de faire entendre quelque chose au régime 
syrien", a-t-il dit. "Nous ne pouvons bien sûr pas nous 
satisfaire d'un seul convoi comme cela a été le cas 
aujourd'hui", a-t-il ajouté. 
     
 
 (Katya Golubkova; Henri-Pierre André et Nicolas Delame pour le 
service français) 
 
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