Syrie-Toujours pas d'évacuations médicales d'Alep-Est, dit l'Onu

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    GENEVE, 21 octobre (Reuters) - Les Nations unies ont annoncé 
vendredi que les évacuations médicales d'Alep-Est n'avaient 
toujours pas commencé, l'absence de garanties de sécurité 
empêchant les secouristes de profiter de la pause dans les 
bombardements annoncée par la Russie. 
    Les Nations unies voudraient utiliser cette pause de quatre 
jours pour évacuer plusieurs centaines de malades et de blessés 
de la partie est de la ville assiégée par les forces 
gouvernementales syriennes et procéder à la livraison de l'aide 
humanitaire, a déclaré le porte-parole des Affaires 
humanitaires, Jens Laerke, lors d'un point sur la question. 
    L'ambassadeur de Syrie à Genève, Hussam Aala, a déclaré à 
Reuters que le gouvernement syrien avait donné aux Nations unies 
son feu vert pour les évacuations médicales il y a deux jours. 
    Des autocars et des ambulances sont prêtes, a-t-il ajouté, 
mais les évacuations n'ont pas lieu parce que des "terroristes", 
mot employé par le pouvoir syrien pour désigner l'opposition 
armée, et des snipers tirent sur les couloirs humanitaires et 
sur les points de passage. 
    Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, 
Zeïd Ra'ad al Hussein, a pour sa part déclaré que le siège et 
les bombardements sur Alep-Est constituaient des "crimes de 
proportion historique". 
    Le Haut-Commissaire n'a pas spécifiquement mentionné la 
Russie, dont les avions de guerre pilonnent depuis des semaines 
la partie est de la grande ville aux côtés de l'armée de l'air 
syrienne, mais l'allusion était claire. 
    "Les groupes de l'opposition armée continuent de tirer des 
obus de mortiers et d'autres projectiles sur les quartiers 
habités par les civils d'Alep Ouest, mais les frappes aériennes 
indiscriminées sur la partie est de la ville par les forces 
gouvernementales et leurs alliés sont responsables de la très 
grande majorité des victimes civiles", a déclaré Zeïd Ra'ad al 
Hussein lors d'un discours par vidéo lors d'une séance spéciale 
du Haut-Commissariat. 
    Il a appelé les grandes puissances à mettre de côté leurs 
différends pour porter le dossier syrien devant le procureur de 
la Cour pénale internationale (CPI) 
    Le Royaume-Uni, qui avait demandé cette séance spéciale 
d'une journée aux côtés d'un certain nombre d'autres pays dont 
les Etats-Unis, dans le but de lancer une enquête spéciale sur 
Alep, s'en est pris directement à Moscou. 
    "Vous la Russie, vous rendez les choses pires, vous ne les 
résolvez pas", a déclaré Tobias Ellwood, ministre responsable de 
l'Afrique et du Proche-Orient dans le gouvernement de Theresa 
May. 
    "C'est une honte et ce n'est pas l'action ou le leadership 
que nous attendons d'un pays du P5", a-t-il ajouté, allusion aux 
cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies 
(Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie). 
    L'ambassadeur de Russie Alexeï Borodavkine a accusé le 
Royaume-Uni et ses alliés de "tenter de protéger les terroristes 
pour qu'ils ne soient pas la cible des frappes, leur permettant 
de se regrouper et de continuer leurs actes barbares". 
    Paulo Pinheiro, le président de la Commission d'enquête des 
Nations unies sur la Syrie, a précisé que celle-ci allait 
poursuivre ses investigations sur les crimes de guerre qui 
auraient été commis à Alep et a appelé le gouvernement du 
président syrien Bachar al Assad à fournir des informations sur 
les exactions dont il aurait connaissance. 
 
 (Tom Miles et Stephanie Nebehay; Danielle Rouquié pour le 
service français) 
 
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