Syrie-Sur Assad, Téhéran est "en harmonie" avec Moscou

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    par Parisa Hafezi et Louis Charbonneau 
    NATIONS UNIES, 19 décembre (Reuters) - Téhéran a décidé 
d'aligner sa position sur celle de la Russie sur la question de 
la résolution politique du conflit syrien, ont déclaré à Reuters 
plusieurs responsables iraniens. 
    Cette attitude laisse entrevoir un infléchissement de la 
République islamique qui s'était jusqu'à présent toujours 
opposée à ce qu'un départ du président Bachar al Assad soit 
intégrée à un quelconque accord politique. 
    Tout en continuant de défendre publiquement le régime de 
Damas, la Russie a récemment clairement fait savoir aux 
occidentaux qu'elle ne s'opposerait pas nécessairement au départ 
de Bachar al Assad dans le cadre d'un plan de paix. 
    Selon un haut responsable iranien, la décision de Téhéran de 
s'aligner sur la position russe a été prise le mois dernier 
après une rencontre entre le président Vladimir Poutine et le 
guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khameneï. 
    Jusqu'à présent, l'Iran et la Russie ont toujours insisté 
pour lier le départ de Bachar al Assad à un vote des Syriens. 
    "Ce qui a été conclu, c'est que l'Iran et la Russie suivront 
une politique qui sera bénéfique pour Téhéran, Moscou et Damas", 
a dit un haut responsable iranien qui s'exprimait sous le sceau 
de l'anonymat. "L'Iran estime que c'est à la nation syrienne 
qu'il revient de choisir son destin. Mais au préalable, le calme 
doit être rétabli." 
    "Il est possible que le peuple syrien décide qu'Assad doit 
partir et dans ce cas, il devra partir", a-t-il ajouté. 
    "S'il ne peut plus se mettre au service de son pays et de 
son peuple, alors un successeur devra prendre les rênes du 
pays." 
    Un autre responsable iranien a de son côté déclaré à Reuters 
que l'Iran et la Russie étaient en "totale harmonie sur la Syrie 
et sur le destin d'Assad." 
    "La réunion entre Poutine et le guide suprême Khameneï a été 
une véritable réussite et désormais, l'Iran et la Russie 
partagent le même point de vue sur Assad", a-t-il ajouté 
    La question du maintien de Bachar al Assad est l'un des 
principaux points de friction entre les grandes puissances qui 
s'efforcent d'élaborer un projet de résolution politique du 
conflit syrien. 
    Pour les Américains et les Européens, Bachar al Assad a 
perdu toute crédibilité, en raison notamment de la brutalité de 
la répression et des nombreuses violations des droits de l'homme 
dont le régime de Damas s'est rendu coupable. 
    Les occidentaux refusent qu'il puisse se présenter à de 
nouvelles élections, même s'ils semblent, malgré leurs 
réticences, enclins à accepter qu'il reste au pouvoir durant la 
période de transition politique. 
    Vendredi, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a 
déclaré que le destin de Bachar al Assad continuait de susciter 
de "nettes divergences". 
    John Kerry s'exprimait de New York où, dans une rare 
unanimité, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une 
résolution sur la Syrie.  ID:nL8N147375  
 
 (John Irish, Arshad Mohammed et Lesley Wroughton, Nicolas 
Delame pour le service français) 
 
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