Syrie-Reprise des discussions, Poutine va retirer des troupes

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 (Actualisé avec déclarations de Le Drian et le coup de fil 
entre Obama et Poutine) 
    * Poutine annonce le retrait du gros des troupes russes de 
Syrie 
    * Ce retrait débutera mardi 
    * Assad a accepté une "réduction" de la présence aérienne 
russe 
    * Washington n'avait pas été informé 
    * Reprise des discussions de paix à Genève 
 
    par Denis Dyomkin et Tom Miles 
    MOSCOU/GENEVE, 15 mars (Reuters) - Vladimir Poutine a, sans 
crier gare, annoncé lundi que le "gros" des forces armées russes 
présentes en Syrie allait commencer à se retirer de pays, le 
président russe exhortant au passage ses diplomates à multiplier 
les efforts en faveur d'une solution au conflit à l'occasion de 
la reprise des pourparlers de paix à Genève. 
    A Damas, la présidence syrienne a rejeté l'idée de tout 
désaccord avec Moscou, ajoutant que Vladimir Poutine et Bachar 
al Assad étaient tombés d'accord sur une réduction de la 
présence de l'armée de l'air russe en Syrie "en tenant compte de 
la situation sur le terrain". 
    Le gouvernement syrien a souligné que Moscou s'était engagé 
à poursuivre son soutien à la Syrie dans le combat contre le 
"terrorisme". 
    Des diplomates occidentaux ont émis l'hypothèse que Vladimir 
Poutine était peut-être en train de mettre la pression sur 
Bachar al Assad pour qu'il accepte un accord politique de la 
guerre ravageant la Syrie, entré cette semaine dans sa sixième 
année, avec 250.000 morts à la clef. 
    Des responsables américains ont dit ne pas encore avoir vu 
des signes suggérant que l'armée russe se préparait à quitter la 
Syrie.  
    Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense français, a 
déclaré pour sa part que la Russie avait "quasiment cessé" de 
bombarder les rebelles modérés en Syrie et frappait "un peu" 
l'Etat islamique.  ID:nL5N16M5BJ  
    Peu après l'annonce de Vladimir Poutine, des responsables 
américains ont dit que les Etats-Unis n'avaient pas été informés 
à l'avance de cette décision. 
    Plus tard dans la journée, le Kremlin a déclaré que Vladimir 
Poutine et Barack Obama s'étaient entretenus lundi par téléphone 
sur la crise syrienne, le président russe confirmant à cette 
occasion à son homologue américain que les forces russes 
commenceraient à se retirer de Syrie après l'achèvement de leurs 
"tâches principales" dans la lutte contre le terrorisme. 
    Un porte-parole des insurgés de l'Armée syrienne libre 
(ASL), Fadi Ahmad, a fait part de sa "surprise" devant la 
décision de Poutine, "aussi surprenante qu'avait été l'entrée en 
guerre de la Russie en septembre". 
     
    PAS DE CALENDRIER DU RETRAIT DE L'ARMÉE RUSSE 
    Vladimir Poutine, qui n'a pas donné des précisions sur le 
calendrier de ce retrait, a estimé que les objectifs poursuivis 
lors de l'intervention militaire lancée fin septembre avaient 
été dans l'ensemble atteints. 
    La Russie est intervenue pour aider l'armée du président 
syrien Bachar al Assad, alors en grande difficulté, à contenir 
les forces rebelles. Cet appui s'est principalement traduit par 
des frappes aériennes contre les insurgés. 
    La base navale russe de Tartous et la base aérienne de 
Hmeymime, dans la province de Lattaquié, continueront à opérer 
normalement, a précisé Vladimir Poutine. 
    "Le travail effectué par nos soldats (en Syrie) a créé les 
conditions nécessaires au lancement du processus de paix", a 
souligné le président russe. "Je pense que la tâche assignée au 
ministère de la Défense et aux forces armées russes a été, dans 
l'ensemble, remplie." 
    "Avec l'appui des soldats russes, les forces armées 
syriennes ont été en mesure de renverser la situation dans le 
combat contre le terrorisme international et ont repris 
l'initiative dans presque tous les domaines", a poursuivi 
Vladimir Poutine. 
    Il a ajouté qu'il avait demandé au chef de la diplomatie 
russe, Sergueï Lavrov, d'intensifier les efforts de la Russie en 
vue de parvenir à un règlement négocié du conflit, qui dure 
depuis cinq ans et a fait plus de 250.000 morts. 
     
    "MOMENT DE VÉRITÉ" 
    A Genève, le médiateur de l'Onu Staffan de Mistura a ouvert 
un nouveau cycle de pourparlers en déclarant que la Syrie vivait 
un "moment de vérité" et qu'il espérait aboutir sinon à un 
accord de paix, du moins à une "feuille de route claire". 
    Le diplomate a néanmoins prévenu que s'il ne constatait pas 
de volonté de négocier parmi les représentants du régime de 
Damas et de l'opposition syrienne, il renverrait le dossier 
devant le Conseil de sécurité des Nations unies. 
    L'émissaire de l'Onu estime que trois séries ("rounds") de 
négociations indirectes permettront d'aboutir sinon à un accord, 
du moins à une feuille de route. Dans son esprit, la première 
série doit s'achever aux alentours du 24 mars. Suivra une pause 
de sept à dix jours avant un deuxième round, d'au moins deux 
semaines. Une nouvelle pause précédera un troisième round. 
    "D'ici là, nous pensons que nous aurons au moins une feuille 
de route claire, je ne dis pas un accord, mais une feuille de 
route claire, parce que c'est ce que les Syriens attendent de 
nous", a-t-il précisé. 
     
    "PAS DE PLAN B" 
    Toutes les parties acceptent le principe d'une transition 
politique mais les représentants du régime et de l'opposition 
sont en désaccord sur le sort du président Bachar al Assad. 
    Staffan de Mistura a souligné que le seul "Plan B" qu'il 
connaissait était une reprise de la guerre, encore pire que ce 
que les Syriens endurent depuis mars 2011. 
    "Si, durant ces discussions et les prochaines séries, nous 
ne voyons aucune volonté de négocier, nous renverrons la 
question auprès de ceux qui ont de l'influence, c'est-à-dire la 
Fédération de Russie, les Etats-Unis et le Conseil de sécurité", 
a-t-il ajouté. 
    Les négociations seront "inclusives", a ajouté De Mistura, 
assurant que tous les Syriens devaient avoir la possibilité 
d'être entendus, sans mentionner spécifiquement cependant une 
participation des représentants de la communauté kurde de Syrie, 
pour le moment exclue des discussions.  
    La reprise des négociations intersyriennes, suspendue début 
février avant même d'avoir véritablement débuté, a été rendue 
possible par la mise en oeuvre d'un "accord de cessation des 
hostilités", plus ou moins respecté depuis le 27 février, mais 
qui a permis globalement de baisser le niveau de violence. 
    Les positions du gouvernement de Damas et de l'opposition 
syrienne semblent cependant laisser peu de place à un règlement 
négocié. 
    Le gouvernement syrien a transmis au médiateur de l'Onu un 
document intitulé "éléments de base pour une solution politique" 
et le chef de sa délégation, Bachar Dja'afari, a dit avoir eu un 
entretien positif et constructif avec Staffan de Mistura. 
    L'émissaire de l'Onu a indiqué pour sa part que des idées 
avaient été évoquées lors de ces discussions préparatoires qui 
doivent se poursuivre par une deuxième entrevue avec la 
délégation syrienne mercredi. 
     
    Voir aussi : 
    * Syrie-Les enfants en guerre : soldats, réfugiés ou 
morts-Unicef  ID:nL5N16M5RE  
 
 (Avec Suleiman al-Khalidi, Tom Perry, Stephanie Nebehay, Phil 
Stewart et Arshad Mohammed; Henri-Pierre André, Pierre Sérisier 
et Guy Kerivel pour le service français) 
 
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