Syrie : pourquoi la Turquie laisse Kobané tomber

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Un char turc observe une explosion sur la ville syrienne de Kobané après un bombardement américain, le 8 octobre 2014.
Un char turc observe une explosion sur la ville syrienne de Kobané après un bombardement américain, le 8 octobre 2014.

L'image est terrifiante. D'un côté de la frontière syro-turque, des combats d'une violence inouïe entre les djihadistes de l'organisation État islamique (EI) et les combattants des Unités de protection du peuple kurde (YPG). De l'autre, des chars de l'armée turque observant, immobiles, l'EI planter, au fur et à mesure de ses succès fulgurants, ses drapeaux noirs en haut des collines de Kobané (Aïn el-Arab en arabe). Pourtant, si la troisième ville kurde de Syrie tombait entre les mains de l'EI, les djihadistes ne se trouveraient plus qu'à quelques kilomètres de la Turquie, s'assurant le contrôle d'une longue bande continue de territoire à la frontière. Si les peshmergas, ces combattants kurdes rattachés à la région autonome du Kurdistan irakien, sont armés par la coalition internationale, les combattants de l'YPG, branche armée du Parti de l'union démocratique (PYD), demeurent totalement livrés à eux-mêmes face aux djihadistes surarmés. Et ce n'est pas la dizaine de frappes américaines menées depuis lundi qui a freiné leur avancée. "Le PYD n'est autre que la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation kurde considérée comme terroriste par les États-Unis et l'Union européenne", rappelle Jordi Tejel, professeur d'histoire internationale à l'Institut de hautes études internationales et du développement de Genève. "Et la Turquie ne veut pas entendre parler de soutien au PKK, engagé depuis 2012 dans une...

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