Syrie: pilonnage continu à Alep-Est

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Un secouriste syrien porte une femme sauvée des décombres d'un immeuble après des bombardements dans le quartier d'al-Hamra à Alep, tenu par les rebelles, le 20 novembre 2016 ( AFP / THAER MOHAMMED )
Un secouriste syrien porte une femme sauvée des décombres d'un immeuble après des bombardements dans le quartier d'al-Hamra à Alep, tenu par les rebelles, le 20 novembre 2016 ( AFP / THAER MOHAMMED )

Les quartiers rebelles d'Alep, assiégés depuis plus de quatre mois, sont toujours sous les bombes de l'armée syrienne, et la communauté internationale semble résignée à voir la ville tomber dans sa totalité entre les mains du régime selon les experts.

Au total, 143 civils dont 19 enfants ont péri en une semaine de bombardements à l'artillerie et depuis les airs, dans Alep-Est, tandis que 16 autres civils, dont 10 enfants, ont été tués par les tirs rebelles dans Alep-Ouest contrôlé par le régime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Il n'y a "aucun lieu sûr pour les enfants dans ce conflit", a affirmé l'ONG Save The Children, via sa représentante en Syrie Sonia Khush, en dénonçant les exactions des deux côtés du front, et notamment cette attaque rebelle sur une école d'Alep-Ouest qui a tué au moins huit enfants dimanche.

Carte d'Alep montrant les zones de contrôle, les quartiers rebelles et les zones de combats au sol.
Carte d'Alep montrant les zones de contrôle, les quartiers rebelles et les zones de combats au sol. ( AFP / Sabrina BLANCHARD, Thomas SAINT-CRICQ, Paz PIZARRO )

En dépit des condamnations à l'étranger, la communauté internationale semble en tout cas impuissante à contrecarrer la détermination de Damas et de ses alliés russe et iranien à reconquérir l'ensemble d'Alep, principal front d'un conflit qui a fait plus de 300.000 morts en cinq ans et demi en Syrie.

Et le dossier syrien ne semble pas mobiliser outre mesure le président américain élu. Dans sa deuxième interview mardi, au New York Times, Donald Trump a ainsi survolé cette question, assurant seulement, sans plus de précision, avoir "une perspective différente de tout le monde".

Pour Emile Hokayem, de l'International Institute for Strategic Studies, la chute d'Alep-Est semble en tout cas inéluctable: "A ce stade, on ne peut pas faire grand-chose", a-t-il regretté auprès de l'AFP: "Il y a eu un temps où on pouvait faire quelque chose pour Alep, (...) maintenant, c'est trop tard".

- Largage de tracts et de bombes -

Une victime extraite des décombres après un bombardement le 20 novembre 2016 à Alep
Une victime extraite des décombres après un bombardement le 20 novembre 2016 à Alep ( AFP / THAER MOHAMMED )

Déterminée à obtenir la reddition des rebelles, l'aviation du régime a largué mardi des tracts sur lesquels était représenté un bus: "A ceux qui portent des armes, nous vous tendons notre main. Réservez votre place avant qu'il ne soit trop tard", affirme l'armée, et "permettez aux civils qui le souhaitent de partir, arrêtez de les utiliser comme otages et boucliers humains".

Largage de tracts donc, mais aussi de bombes, sur les quartiers rebelles de Sakhour, Massaken Hanano ou Cheikh Najjar.

L'OSDH a également fait état de plusieurs cas de suffocation d'habitants après la chute de quatre barils d'explosif sur les quartiers de Qaterji et Daher Awad. Des sources médicales pensent qu'il s'agit probablement de chlore.

L'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura , lors de sa visite à Damas le 20 novembre 2016, en compagnie
L'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura (G), lors de sa visite à Damas le 20 novembre 2016, en compagnie de Walid Muallem, le chef de la diplomatie syrienne ( SANA/AFP / HO )

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui examine "plus de 20" accusations sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, a accepté mardi l'offre de la Russie de fournir des éléments "pouvant (lui) être utiles". L'armée russe affirme avoir les preuves de l'utilisation d'armes chimiques par les rebelles d'Alep.

L'un des quartiers d'Alep les plus disputés est celui de Massaken Hanano, dont un tiers est désormais contrôlé par les forces gouvernementales, soutenues notamment par les forces du Hezbollah libanais. Sa prise permettrait au régime de "séparer le nord d'Alep-Est du reste" des secteurs assiégés, a souligné le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Le progression des forces gouvernementales ajoute au désespoir des quelque 250.000 personnes d'Alep-Est, sans ravitaillement ni aide depuis plus de quatre mois.

- 'Punition collective cruelle' -

Deux syriens sortent des décombres d'un immeuble après des bombardements dans le quartier d'al-Hamra
Deux syriens sortent des décombres d'un immeuble après des bombardements dans le quartier d'al-Hamra à Alep, tenu par les rebelles, le 20 novembre 2016 ( AFP / THAER MOHAMMED )

Le patron des opérations humanitaires de l'ONU, Stephen O'Brien, a de son côté dénoncé le recours au siège à Alep, la grande métropole du nord, et ailleurs en Syrie, faisant état de près d'un million de personnes bloquées: Les habitants "sont isolés, affamés, bombardés et privés d'aide médicale et d'assistance humanitaire, afin de les forcer à se soumettre ou à fuir". "C'est une tactique délibérée (...) une forme cruelle de punition collective".

Si le siège d'Alep est toujours hermétique, un convoi de l'ONU transportant eau, vivres et médicaments a par contre réussi à ravitailler Rastane, une autre ville rebelle, près de Homs (centre).

Dans cette guerre complexe aux multiples acteurs, les groupes jihadistes sont également dans le collimateur des Etats-Unis, à la tête d'une coalition internationale qui les combat en Syrie et en Irak.

Le Pentagone a ainsi annoncé mardi avoir tué vendredi dans une frappe de drone un haut responsable de la branche syrienne d'Al-Qaïda, Abou Afghan al-Masri, dans la province d'Idleb (nord-ouest).

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  • guerber3 il y a une semaine

    Hollande ou la sénilité précoce : ce type est hors humanité, pourvu qu' il ne touche plus à rien...!

  • delapor4 il y a une semaine

    Magnifique courage des troupes syriennes. SVP tuez tous les terroristes français qui sont venus semer le chaos chez vous !

  • guerber3 il y a une semaine

    L' O.N.U américaine veut continuer à semer le chaos partout ou elle passe...cela dure depuis 1950...!

  • M363422 il y a une semaine

    Ah..les vulgaires petits propagandistes de la démagogie criminelle de Poutine sont encore à l'oeuvre. Toujours les mêmes, recyclant avec la même phraséologie, les communiqués officiel du Kremlin.

  • charleco il y a une semaine

    A la télé on nous montre les casques blancs : secouristes le jour et terroristes la nuit. On les voit souvent les armes à la main. Ils prennent les gens en otage et s'en servent de boucliers. Et Hollande voulait les proposer au prix Nobel de la paix! Pauvre France!

  • mlcbnb il y a une semaine

    polpulation otage ou non. Chacun son point de vue. Mais s'il n'y a que 5 à 7000 rebelles cachés dans une population de 250000 personnes, je pencherais bien dans un sens. Pourquoi d'ailleurs ces rebelles armés qui pouvaient quitter Alep avec leurs armes tiennent tellement rester pour ces tas de pierres et gravas