Syrie-Paris exhorte les acteurs régionaux à s'impliquer plus

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* Paris appelle la Turquie à s'impliquer davantage * La France va se concentrer sur les frappes en Irak * Hollande mise également sur l'Iran et la Russie (Actualisé avec nouvelles déclarations, contexte) par Marine Pennetier et John Irish PARIS, 25 août (Reuters) - La solution politique à la crise en Syrie passe par "la neutralisation" de Bachar al Assad et l'implication accrue des acteurs clefs de la région, dont la Turquie, dans la lutte contre l'Etat islamique, a déclaré mardi François Hollande. Le président français a estimé lors de la conférence annuelle des ambassadeurs à Paris qu'Ankara, accusé de concentrer ses efforts militaires sur les forces du PKK, devait reprendre le dialogue avec les Kurdes. "La transition politique en Syrie est une nécessité. Le Conseil de sécurité l'a reconnu en adoptant la semaine dernière une déclaration, la première depuis deux ans. Elle va dans cette direction. C'est un pas important", a-t-il dit. "La Russie s'y est associée, un dialogue peut donc être engagé, encore faut-il en fixer les conditions : la première, c'est la neutralisation de Bachar al Assad", a-t-il souligné. La seconde est "d'offrir des garanties solides à toutes les forces de l'opposition modérée, notamment sunnites et kurdes". La troisième, enfin, est de "mêler toutes les parties prenantes à la solution", notamment les pays du Golfe et l'Iran, a ajouté François Hollande qui a appelé à une "prise de conscience générale". Au centre des attentions, le rôle joué par Turquie, qui s'est contentée jusqu'à récemment d'assurer le service minimum face aux combattants djihadistes. "La Turquie doit s'impliquer dans la lutte contre Daech et engager ou plutôt reprendre le dialogue avec les Kurdes", a souligné le chef de l'Etat. Pointée du doigt depuis un an pour son rôle ambigu face aux combattants de l'Etat islamique, la Turquie a finalement rejoint en juillet, sous la pression de ses partenaires, la coalition internationale en acceptant d'ouvrir sa base aérienne d'Incirlik et en frappant à plusieurs reprises des positions en Syrie. Mais Ankara est accusé par ses détracteurs de se servir de cette lutte contre l'EI pour bombarder les positions des combattants kurdes de crainte de voir se constituer une région autonome kurde dans le nord de la Syrie. PARIS RESTE CONCENTRÉE SUR L'IRAK Dans une interview à Reuters lundi, le chef de la diplomatie turque a annoncé que les armées turques et américaines allaient lancer prochainement une offensive aérienne pour chasser les djihadistes de l'EI d'un secteur du nord de la Syrie. A Paris, la ligne officielle reste celle du refus d'intervenir militairement en Syrie, une option qui risquerait selon la France d'apporter un soutien indirect au régime de Bachar al Assad. La France est en revanche engagée en Irak depuis septembre 2014 dans le cadre de l'opération Chammal qui mobilise quelque 700 militaires. "Nous continuerons à participer à la coalition en Irak mais en veillant à améliorer son efficacité", a déclaré mardi François Hollande. Le récent changement d'attitude au Conseil de sécurité de l'Onu de la Russie, fidèle soutien de Bachar al Assad, pourrait également changer la donne. "Les Russes ont compris que si Bachar al Assad n'avait pas perdu, il ne gagnerait pas", souligne une source diplomatique française. Quant à l'Iran, la conclusion d'un accord sur le nucléaire en juillet pourrait, espère Paris, ouvrir une nouvelle phase dans les relations entre l'Occident et Téhéran qui pourrait jouer un rôle déterminant dans la résolution des crises qui secouent la région. "Je l'avais dit au président Rohani dès son élection : une fois un accord trouvé sur le nucléaire, nous pourrons parler de tout", a dit François Hollande. "Encore faut-il que l'Iran soit prêt à devenir un acteur constructif comme sa place, son histoire et sa culture le justifient. C'est le sens du dialogue que j'ai proposé au Président Rohani". (Edité par Yves Clarisse)

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