Syrie-Paris donnera une carte des forces non-terroristes à Moscou

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    * Fabius fait état d'un accord sur l'éradication de Daech 
    * Il n'exclut pas le recours aux forces spéciales françaises 
 
    PARIS, 27 novembre (Reuters) - La France fournira à Moscou 
une "carte" des forces non-terroristes en Syrie afin que la 
Russie concentre ses bombardements sur l'organisation de l'Etat 
islamique (EI), a dit vendredi le ministre français des Affaires 
étrangères sur RTL. 
    Laurent Fabius a accompagné François Hollande jeudi à 
Moscou, où le chef de l'Etat français a rencontré Vladimir 
Poutine afin de renforcer la coordination militaire contre le 
groupe djihadiste, qui a revendiqué les attentats du 13 novembre 
à Paris et Saint-Denis. 
    Les deux présidents ont affirmé leur souhait commun 
d'intensifier les échanges de renseignements pour être plus 
efficaces dans leurs frappes contre cette organisation en Syrie 
et de préserver les groupes armés locaux qui la combattent. 
 ID:nL8N13L424  
    "Il y a un point sur lequel, maintenant, je pense que tout 
le monde est d'accord, c'est l'objectif de neutraliser, 
d'éradiquer Daech (acronyme arabe de l'EI)", a dit Laurent 
Fabius. "Là je pense que ça a progressé, notamment dans la 
conversation avec M. Poutine."  
    Le président russe "nous a même demandé d'établir une carte 
des forces qui ne sont pas terroristes et qui combattent Daech 
et il s'est engagé, dès lors que nous lui fournissons cette 
carte, ce que nous allons faire, à ne pas (les) bombarder", a 
précisé le chef de la diplomatie française. 
    Il a confirmé que la chute de Rakka, QG de l'Etat islamique 
en Syrie, était un des premiers objectifs militaires, sinon le 
premier, de l'épreuve de force engagée contre cette 
organisation. 
    "C'est là le centre névralgique de Daech, d'où les 
attentats, en particulier contre la France, sont partis." 
     
    FORCES SPÉCIALES 
    Le trafic de pétrole dont l'organisation de l'Etat islamique 
tire une grande partie de ses ressources est aussi une cible des 
bombardements aériens américains, russes et français. 
    "Il y a des camions qui partent depuis toute une série de 
territoires contrôlés par Daech (...) On anticipe que certains 
vont vers la Turquie", a précisé Laurent Fabius. 
    "Il est dit aussi qu'une partie de ce pétrole est revendu à 
M. Bachar al Assad", le président syrien, a ajouté le ministre, 
qui a dit nourrir de "forts" soupçons à cet égard mais ne pas 
avoir en revanche d'éléments sur une participation éventuelle 
d'un fils du président turc, Recep Tayyip Erdogan, à ce trafic.  
    Il a dit croire à la possibilité de détruire Daech et assuré 
que la détermination de la France était "absolue". 
    "Si nous arrivons (...) à ce que la plupart des pays (...) 
se concentrent pour détruire ces assassins, nous y arriverons."  
    Laurent Fabius a cependant réaffirmé qu'il n'était pas 
question pour la France d'envoyer des troupes au sol en Syrie, 
sans toutefois exclure l'intervention d'un nombre limité 
d'éléments des forces spéciales françaises.  
    "Il y a une règle en ce qui concerne les forces spéciales 
qu'on engage, c'est qu'en général on ne le dit pas. Mais on peut 
le faire sans le dire", a-t-il déclaré. "Si on les engage, par 
définition, elles ne peuvent être qu'en nombre restreint." 
    Selon des sources diplomatiques françaises, cette option est 
déjà à l'étude depuis plusieurs semaines. 
    Pour le reste, "les forces au sol ne peuvent pas être les 
nôtres parce que ce serait complètement contre-productif", 
a-t-il répété. "Mais des forces au sol doivent être à la fois 
des forces syriennes de l'Armée libre, des forces arabes et 
pourquoi pas des forces du régime (syrien) et des Kurdes, 
également." 
    Laurent Fabius est convenu que le sort du président syrien, 
Bachar al Assad restait un point de divergence avec la Russie. 
    "Pour nous (...) c'est une question d'efficacité", a-t-il 
dit. "Nous ne disons pas que cela doit intervenir dès le début, 
aujourd'hui, mais nous disons que, à la fin (...), M. Bachar ne 
peut pas être l'avenir de son peuple." 
 
 (Emmanuel Jarry, avec John Irish) 
 
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  • jyth01 le vendredi 27 nov 2015 à 09:56

    C'est la meilleure de l'année! à fond dans la manipulation et la désinformation!

  • pa69337 le vendredi 27 nov 2015 à 09:35

    On est gonflé quand même ! On va fournir une carte ... Non mais franchement !!! Ca fait des années que la France n'à rien compris à ce qui se passe en Syrie et que la Russie voit juste et maintenant on veux leur fournir une carte !!! Plus c'est gros ...