Syrie-Offensive sur Manbij de combattants soutenus par les USA

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    WASHINGTON, 1er juin (Reuters) - Plusieurs milliers de 
combattants syriens soutenus par les Etats-Unis sont en train de 
lancer une offensive pour reprendre à l'Etat islamique la poche 
de Manbij, une zone clé située dans le nord de la Syrie, après 
plusieurs semaines de préparatifs discrets, apprend-on auprès de 
responsables américains. 
    L'opération, qui n'a commencé que mardi et pourrait durer 
des semaines, vise à couper l'accès de l'Etat islamique au 
territoire syrien le long de la frontière turque, que les 
djihadistes de l'organisation fondamentaliste utilisent 
traditionnellement comme une base logistique pour assurer la 
circulation des combattants étrangers venant d'Europe ou y 
repartant. 
    "Il est significatif que ce soit le dernier passage qu'il 
leur reste" vers l'Europe, déclare un responsable militaire 
américain. 
    L'offensive sera appuyée sur le terrain par quelques membres 
des forces spéciales. Ils sont présents en tant que conseillers 
et restent à distance de la ligne de front, précisent les 
responsables américains qui ont requis l'anonymat. 
    "Ils seront aussi près qu'il est nécessaire pour que 
l'opération puisse se faire. Mais ils ne s'engageront pas 
directement dans les combats", explique-t-on. 
    L'offensive sera également appuyée par les frappes aériennes 
de la coalition internationale contre la Syrie menée par les 
Etats-Unis, ainsi que par des positions de tirs basées au sol de 
l'autre côté de la frontière, en Turquie. 
     
    LES YPG NE RESTERONT PAS 
    Chose sans doute essentielle pour la Turquie, l'opération 
sera majoritairement menée par des Arabes syriens et non pas par 
les forces kurdes des unités YPG. Celles-ci ne représenteront 
qu'un cinquième ou un sixième de la totalité des effectifs. 
    Ankara considère les YPG kurdes, qui combattent l'Etat 
islamique en Syrie, comme des terroristes et est très en colère 
du soutien que leur accordent les Etats-Unis. 
    La Turquie a fait part de ses craintes face à l'avancée des 
forces kurdes le long de sa frontière et s'est dite opposée à 
l'idée que les combattants YPG prennent le contrôle de la poche 
de Manbij. Les YPG contrôlent déjà une bande de terre de 400 km 
le long de la frontière. 
    Les responsables ont dit à Reuters que les YPG se 
contenteront de chasser l'EI du secteur autour de Manbij et que 
les combattants arabes seront les seuls à stabiliser et 
sécuriser la zone après le départ de l'EI. 
    "Après la prise de Manbij, l'accord est que les YPG ne 
resteront pas (...). Aussi, vous aurez des arabes syriens 
occupant la terre traditionnelle arabe syrienne", a dit ce 
responsable. La Turquie soutient l'offensive, souligne-t-il. 
    L'opération intervient avant une éventuelle offensive sur la 
Rakka, capitale auto-proclamée de l'Etat islamique en Syrie et 
objectif premier de l'armée américaine sur le terrain. 
    Priver l'EI de la poche de Manbij aidera à isoler encore un 
peu plus les djihadistes et affaiblira encore leur capacité à 
livrer des armes à Rakka. 
    Le président américain Barack Obama a autorisé 300 
militaires des forces spéciales à opérer sur le terrain à partir 
de lieux tenus secrets en Syrie pour aider à organiser la lutte 
contre l'EI. 
 
 (Phil Stewart; Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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