Syrie-Nouvelle réunion vendredi 30, peut-être avec l'Iran

le , mis à jour à 22:57
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(Nouvelle version, actualisée avec l'Iran) par Arshad Mohammed et François Murphy VIENNE, 23 octobre (Reuters) - De nouvelles discussions sur la Syrie devraient avoir lieu la semaine prochaine auxquelles pourraient participer l'Iran, grand allié du président syrien Bachar al Assad, selon des déclarations faites vendredi par le secrétaire d'Etat américain John Kerry. Le chef de la diplomatie américaine a eu une réunion de deux heures vendredi à Vienne avec ses homologues russe Sergueï Lavrov, saoudien Adel al Djoubeir et turc Feridun Sinirlioglu, pour réfléchir à une solution politique au conflit syrien mais ne sont pas parvenus à un accord sur le sort de Bachar al Assad. Les efforts diplomatiques buttent pour l'instant sur cette question. Les Etats-Unis, les pays européens, les Etats arabes et de la Turquie exigent le départ immédiat du président syrien. Celui-ci refuse d'envisager la question. "Ce que nous avons décidé aujourd'hui est de nous concerter avec toutes les parties dans le but de nous réunir à nouveau, espérons-le dès vendredi prochain, avec une réunion élargie dans le but de voir s'il y a un terrain commun suffisant pour avancer vers un processus politique sérieux", a déclaré John Kerry à la presse. "Je suis persuadé que (...) la réunion d'aujourd'hui a été constructive et productive et a permis de faire émerger quelques idées, que je ne vais pas partager aujourd'hui, mais qui, j'espère, peuvent changer au final la dynamique", a-t-il dit. Prié de dire si une réunion la semaine prochaine pourrait inclure l'Iran, Kerry a dit qu'il ne ferait pas de spéculations sur les participants. "Nous voulons être ouverts et pécher par excès d'ouverture plutôt que par excès d'exclusion", a-t-il toutefois ajouté. L'Iran n'a pas été invitée aux précédentes conférences internationales de paix sur la Syrie, qui ont toutes été un échec. Pendant ce temps, la guerre civile a continué en Syrie, faisant plus de 250.000 morts et des millions de déplacés. Sergueï Lavrov a de son côté estimé que l'Egypte et l'Iran devaient être associés aux futures discussions sur le conflit syrien. GRANDES DIVERGENCES "Nous avons demandé que les prochaines rencontres soient plus représentatives", a-t-il dit à des journalistes, dans des commentaires diffusés à la télévision russe. Adel al Djoubeïr, le ministre saoudien des Affaires étrangère, a souligné que la réunion de vendredi n'avait pas permis de parvenir à un consensus sur le sort de Bachar al Assad. John Kerry a lui aussi reconnu de grandes divergences avec Moscou et Téhéran sur le sort du chef de l'Etat syrien. La campagne de bombardements conduite par la Russie a enrayé l'offensive menée dans l'ouest du pays par les rebelles syriens, dont certains sont soutenus par Washington et ses alliés. Moscou a rejeté à plusieurs reprises les appels des Occidentaux qui réclament le départ de Bachar al Assad, soulignant que seul le peuple syrien peut, par des élections, décider du sort de son dirigeant. Témoignant de son soutien au régime syrien, Vladimir Poutine a accueilli mardi Assad à Moscou où les deux hommes ont évoqué les opérations militaires en cours en Syrie. L'Iran, qui fournit des conseillers à l'armée syrienne sur le terrain et a encouragé ses alliés chiites du Hezbollah libanais à combattre aux côtés des forces de Damas, a réitéré sa position vendredi selon laquelle c'est aux Syriens de choisir leur dirigeant, allusion aux élections organisées par Assad en 2014 et qu'il a remportées. "Certains qui ont pour l'instant soutenu les terroristes en Syrie, devraient maintenant réfléchir au fait de prendre des mesures constructives", a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amirabdollahian selon des propos transmis par l'agence de presse Irna. Il a également exprimé son soutien à la Russie. Sergueï Lavrov a indiqué vendredi que la Russie avait accepté de coordonner son action militaire en Syrie avec la Jordanie, autre allié important des Etats-Unis dans la région, en mettant en place un "mécanisme spécial de travail", à Amman, la capitale jordanienne. ID:nL8N12N2VN John Kerry a estimé que toute initiative de ce genre était bonne, pour peu qu'elle aide à lutter contre l'Etat islamique. "Nous n'avons aucun problème que ce soit avec cette initiative et il se pourrait même qu'elle aide à certifier que les cibles sont (bien) les cibles qui doivent l'être", a déclaré le chef de la diplomatie américaine. (Arshad Mohammed et Francois Murphy,; Nicolas Delame et Guy Kerivel pour le service français)

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