Syrie-Londres moins catégorique sur Assad, évoque une transition

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par Kylie MacLellan et William James LONDRES, 9 septembre (Reuters) - Le Royaume-Uni pourrait accepter que Bachar al Assad reste au pouvoir pour une période de transition si cela peut contribuer à résoudre le conflit, a déclaré mercredi le secrétaire au Foreign Office Philip Hammond, semblant ainsi adoucir la position de Londres vis-à-vis du président syrien. La Grande-Bretagne, comme les autres puissances occidentales, a toujours appelé au départ de Bachar al Assad, présentant cette exigence comme une condition préalable pour mettre fin à la guerre civile qui met la Syrie à feu et à sang depuis plus de quatre ans. Selon des sources libanaises citées par Reuters mercredi, les forces russes ont commencé à participer à des opérations de combat en Syrie pour aider le gouvernement syrien en difficulté. Devant la Commission des Affaires étrangères du Parlement britannique, Philip Hammond a estimé qu'il fallait une solution politique plutôt que militaire à la crise en Syrie. Le Royaume-Uni est prêt à discuter d'un plan qui verrait le président syrien rester temporairement au pouvoir et l'a dit clairement à la Russie et à l'Iran, les principaux Etats alliés de Bachar al Assad, a déclaré Philip Hammond. "S'il y a un plan sensé de transition qui prévoit qu'Assad reste d'une manière ou d'une autre impliqué dans le processus pendant un certain laps de temps, nous regarderons cela, nous en discuterons. Nous ne disons pas qu'il doit partir dès le premier jour", a déclaré le chef de la diplomatie britannique. PASSER UN COUP DE TÉLÉPHONE La période de transition, a-t-il précisé, pourrait durer quelques mois. Interrogée par la presse après ces commentaires, la porte-parole du Premier ministre David Cameron a déclaré que, pour le gouvernement britannique, une solution à long terme pour la Syrie ne prévoit pas le maintien de Bachar al Assad au pouvoir. "Nous avons clairement dit qu'il va devoir y avoir une certaine transition", a-t-elle toutefois ajouté. "(Si) des partenaires internationaux veulent travailler avec nous et regarder ce que serait cette transition et vraiment aider à commencer à discuter et à travailler sur cette transition, alors naturellement ce sont des conversations que nous devrions avoir", a-t-elle dit. Quant à la suggestion de Moscou selon laquelle la Syrie pourrait organiser des élections législatives anticipées qui pourraient déboucher sur un partage du pouvoir avec Bachar al Assad, Philip Hammond l'a estimée "pas acceptable". "A mon avis, la communauté internationale ne peut faciliter et superviser une série d'élections lors desquelles quelqu'un de coupable de crimes de l'ampleur de ceux commis par Assad est autorisé à se présenter", a-t-il dit. Philip Hammond a appelé la Russie et l'Iran à user de leur influence sur Bachar al Assad "Ils le peuvent, ils peuvent passer un coup de téléphone. La Russie et l'Iran pourraient avoir une discussion aujourd'hui, appeler Damas demain et changer l'avenir de cette situation." (Danielle Rouquié pour le service français)

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