Syrie-Les Russes n'ont pas frappé l'Etat islamique, dit Le Drian

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(Actualisé avec Fabius, réaction syrienne) PARIS/NATIONS UNIES, 30 septembre (Reuters) - Les forces russes n'ont pas frappé l'Etat islamique en Syrie, a déclaré mercredi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, laissant entendre que des positions de l'opposition modérée à Bachar al Assad avaient été visées. "Les forces russes ont frappé en Syrie, c'est désormais public, et curieusement elles n'ont pas frappé Daech", a dit Jean-Yves Le Drian lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. De source diplomatique française, on soulignait que les groupes d'opposition avaient sans doute été visés. "Si c'est Homs qui se confirme, et il semble que ce soit le cas, ce n'est pas sur Daech qu'ils ont frappé, c'est sans doute sur les groupes d'opposition, ce qui confirme qu'ils sont davantage dans le soutien au régime de Bachar (al Assad) que dans la lutte contre Daech", a-t-on dit. La Russie a dit avoir procédé à une vingtaine raids aériens contre au moins sept cibles dans les provinces de Homs et Hama. La province de Homs est tenue par les forces de l'opposition et les Occidentaux soupçonnent Moscou de vouloir réhabiliter Bachar al Assad. (voir ID:nL5N1201IZ ) Aux Nations unies, lors d'une intervention sur ces frappes et sur la proposition russe de résolution pour combattre l'Etat islamique et ses affiliés, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a posé trois conditions à un travail commun avec la Russie. La première, a-t-il dit, "c'est que les frappes doivent être dirigées contre Daech seulement". "Il faudra vérifier si les frappes russes respectent cette première condition", a-t-il ajouté, après avoir dit disposer de premières indications montrant que les zones touchées n'étaient "pas contrôlées par Daech". Or les doutes français ont amené une seconde source diplomatique à estimer qu'il n'était pas possible de collaborer avec les Russes "dans ces conditions". Ces propos ont fait vivement réagir le ministre syrien des Affaires étrangères, qui a accusé la France de soutenir le terrorisme. "Ce que l'on entend du représentant de la France aujourd'hui montre clairement le vrai rôle joué par la France dans le soutien au terrorisme", a dit le ministre Walid al Moualem devant le Conseil de sécurité de l'Onu. "Ils sont ineptes et ne méritent pas d'être un membre permanent du Conseil de sécurité." Les Occidentaux et la Russie se divisent sur leur vision de la solution potentielle à la guerre en Syrie. Les premiers ne veulent envisager qu'une transition avec un départ du président syrien alors que Moscou le soutient en l'absence, selon les Russes, d'autres solutions. (Jean-Baptiste Vey à Paris et John Irish à New York, avec Gregory Blachier)

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