Syrie-Les pourparlers de paix s'annoncent difficiles

le
0
    par Tom Perry et Suleiman Al-Khalidi 
    BEYROUTH/GENEVE, 14 mars (Reuters) - Les négociations de 
paix syriennes censées s'ouvrir ce lundi à Genève s'annoncent 
ardues étant donné que les deux parties ne semblent guère prêts 
à faire le moindre compromis sur une question au coeur du 
conflit qui fait rage depuis cinq ans dans le pays : l'avenir du 
président Bachar al Assad. 
    Les pourparlers, organisées sous l'égide des Nations Unies 
avec le soutien des Etats-Unis et de la Russie, constituent la 
vraie première tentative diplomatique de mettre un terme au 
conflit depuis que Moscou a lancé en septembre sa campagne de 
frappes aériennes dans le pays, intervention qui a remis les 
forces gouvernementales en selle sur le champ de bataille. 
    Au moment où le conflit syrien devrait entrer cette semaine 
dans sa sixième année, les Etats occidentaux semblent plus 
déterminés qu'auparavant à mettre un terme à une guerre qui a 
conduit des centaines de milliers de réfugiés à fuir vers 
l'Europe tout en donnant lieu à la montée en puissance de l'Etat 
islamique. 
    Si la récente coopération entre les Etats-Unis et la Russie 
ont permis à la fois de diminuer le niveau de violence ces 
dernières semaines, à la faveur notamment d'un accord de 
cessation des hostilités entré en vigueur le 27 février, et 
d'ouvrir la voie aux discussions prévues à Genève, les positions 
du gouvernement et de l'opposition semblent laisser peu de place 
à un réglement négocié. 
    Suggérant une nouvelle aggravation du conflit en cas 
d'absence de progrès de la diplomatie, le ministère de la 
Défense russe a déclaré que les rebelles avaient eu recours à un 
missile anti-aérien pour abattre samedi un avion de l'armée de 
l'air syrienne.  ID:nL5N16K0OP  
    Les rebelles ont affirmé que l'avion avait été abattu avec 
des fusils anti-aériens et non pas à l'aide de missiles. 
L'opposition combattante reclame pourtant de tels armes mais 
l'Occident est réticente de lui livrer ce type d'équipements, en 
raison de la menacé qu'ils feraient peser sur l'aviation civile 
s'ils devaient échoir entre les mains de militants islamistes. 
     
    LES USA ET LA FRANCE CONDAMNENT LA "PROVOCATION" DE DAMAS 
    Preuve que le gouvernement syrien se voit en position de 
force, le ministre des Affaires étrangères Walid al Moualem, a 
souligné samedi que l'opposition se faisait des "illusions" si 
elle pensait pouvoir mettre sur la table à Genève l'avenir du 
président Assad. 
    Le Haut Conseil des négociations (HCN), principale coalition 
de l'opposition, a aussitôt accusé Damas de torpiller ainsi les 
discussions avant même qu'elles ne commencent. 
    Les Etats-Unis et la France ont qualifié dimanche de 
"provocation" les déclarations du gouvernement syrien avant la 
reprise des négociations de paix lundi à Genève. 
    La Russie et l'Iran, alliées du président syrien Bachar al 
Assad, auront à démontrer que le gouvernement de Damas est prêt 
à respecter ses engagements, ont précisé le ministre français 
des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, et le secrétaire 
d'Etat américain John Kerry, à l'issue d'une réunion à Paris sur 
la Syrie.  ID:nL5N16L0IM  
    Dans la nuit de samedi à dimanche, le Front al Nosra, 
représentant d'Al Qaïda en Syrie, s'est emparé à la faveur de 
combats dans le nord-ouest de la Syrie de bases et d'armes du 
groupe Division 13, soutenu par l'Occident, a annoncé 
l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). 
 ID:nL5N16L084  
    Al Nosra, ainsi que l'Etat islamique, ne sont pas concernés 
par l'accord russo-américain de "cessation des hostilités" en 
Syrie.     
 
 (Avec la contribution de Dominic Evans à Beyrouth, Alexander 
Winning à Moscou, John Irish à Paris et Tom Miles à Genève, 
Benoît Van Overstraeten pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant