Syrie-Les Kurdes avancent vers Tel Abyad aux mains de l'EI

le , mis à jour à 23:16
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BEYROUTH, 13 juin (Reuters) - Les miliciens kurdes des Unités du protection du peuple (YPG) ont annoncé samedi progresser vers la ville syrienne de Tel Abyad, tenue par les djihadistes de l'Etat islamique (EI) à la frontière turque. Redur Xelil, porte-parole des combattants kurdes, a déclaré à Reuters que les peshmergas et d'autres groupes rebelles syriens avaient encerclé la ville de Soulouk, à 20 km au sud-est de Tel Abyad, où des hommes de l'EI sont retranchés, et poursuivaient leur avance vers la frontière turque. Garder le contrôle de Tel Abyad revêt une importance stratégique pour l'EI car c'est la ville frontalière la plus proche de son bastion de Rakka, chef-lieu de la province du même nom. Les combats près de la frontière turque ont conduit plus de 13.000 civils syriens à se réfugier en Turquie depuis le début du mois. Quelque 1.500 personnes attendent toujours du côté syrien de la frontière que les autorités turques les autorisent à passer. Samedi, les soldats turcs ont tiré en l'air pour repousser des civils qui s'approchaient de la clôture qui marque la frontière. Depuis début mai, avec l'aide des frappes aériennes de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis, les peshmergas ont chassé l'EI de vastes secteurs de la province syrienne de Hassaka et ont pénétré dans celle de Rakka. "Le mouvement vers Tel Abyad, à partir de l'est, a commencé aujourd'hui, après le blocus de Soulouk", a dit Redur Xelil. "De nombreux hommes de Daech ont fui Soulouk mais il reste un groupe de kamikazes dans la ville et nous devons être très prudents", a-t-il ajouté. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les combattants de l'YPG se trouvaient samedi à mi-chemin entre Soulouk et Tel Abyad. Si les Kurdes prennent Tel Abyad, ils pourront assurer la liaison entre les zones qu'ils contrôlent dans la province de Hassaka et la ville de Kobani. Jeudi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé les Occidentaux de bombarder les Arabes et les Turkmènes en Syrie dans le but de soutenir des groupes "terroristes" kurdes, qui prendraient leur place. Pour Redur Xelil, "l'aide des forces de l'alliance a été très efficace et très précise dans le choix des cibles". La Turquie voit d'un mauvais oeil les gains enregistrés par les forces kurdes de l'YPG, dénonçant ses liens supposés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui combat depuis plus de trente ans le pouvoir d'Ankara. (Tom Perry avec Humeyra Pamuk et Seyhmus Cakan, Guy Kerivel pour le service français)

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