Syrie-Les grandes puissances réunies sans illusions à Munich

le , mis à jour à 23:07
1
 (actualisé avec déclaration d'un dirigeant de l'opposition) 
    MUNICH, 11 février (Reuters) - Les grandes puissances ont 
entamé sans illusions jeudi à Munich de nouvelles discussions 
pour tenter de faire avancer le processus de paix en Syrie. 
    La Russie s'est déclarée prête à discuter d'un cessez-le-feu 
à partir du 1er mars prochain, mais selon un responsable 
occidental, le secrétaire d'Etat américain John Kerry réclame 
une trêve applicable immédiatement. C'est "tout ou rien", a dit 
ce responsable. 
    L'opposition syrienne fait savoir quant à elle qu'elle ne 
peut accepter de cesser les hostilités dans le climat actuel car 
il lui est impossible de faire confiance aux Russes. 
    "Ce que font la Russie, le régime, l'Iran et les milices 
sectaires soutenues par l'Iran ne sert pas le processus de paix, 
c'est plutôt le contraire, cela entrave le processus de paix", a 
déclaré Riad Hijab, coordinateur du conseil de l'opposition 
syrienne, soutenu par les occidentaux. 
    La poursuite des bombardements russes sur Alep, la grande 
ville du nord de la Syrie que l'armée syrienne et ses milices 
alliées cherche à reprendre totalement à la rébellion, gèle pour 
l'instant le processus de négociation.  
    Plusieurs membres du Conseil de sécurité de l'Onu, notamment 
les pays occidentaux, ont appelé mercredi Moscou à mettre fin à 
ses raids aériens dans la région d'Alep, où couve une nouvelle 
grave crise humanitaire, rappelant que la résolution 2254 votée 
par le Conseil de sécurité de l'Onu en décembre prévoyait 
l'arrêt immédiat des bombardements des zones civiles. 
    Selon le ministère russe de la Défense, cité par l'agence 
Tass, l'aviation russe a effectué 510 sorties et détruit environ 
1.900 cibles en Syrie pendant la semaine écoulée. 
    Le Premier ministre russe, Dmitry Medvedev, a déclaré que 
toutes les puissances devaient s'assoire à la table des 
négociations pour trouver une issue au conflit syrien faute de 
quoi "une nouvelle guerre froide pourrait se déclencher". 
    "Les Américains et nos partenaires Arabes doivent bien 
réfléchir: veulent-ils une guerre permanente", a-t-il demandé au 
quotidien Handlesblatt. "Il est impossible de remporter une 
telle guerre (....). "Tout particulièrement dans le monde arabe 
où tout le monde se bat contre tout le monde". 
    L'offensive sur Alep a conduit à la suspension, le 3 
février, des discussions intersyriennes entamées à Genève sous 
l'égide des Nations unies. L'émissaire spécial de l'Onu, Staffan 
de Mistura, espère relancer les négociations le 25 février. 
    D'après l'agence Interfax, le vice-ministre des Affaires 
étrangères Guennadi Gatilov estime que les négociations de paix 
pourraient reprendre avant le 25 février. 
    Pour certains commentateurs, la réunion de Munich est 
capitale pour savoir si le processus diplomatique va se 
poursuivre à court terme.  
    Mais un haut diplomate occidental ne cache pas son 
pessimisme: "Cette réunion risque d'être sans fin et je crains 
que les résultats ne soient extrêmement minces." 
    Dans le même temps, à Bruxelles, les Etats-Unis ont demandé 
à leurs alliés de la coalition internationale qu'ils dirigent 
contre l'Etat islamique (EI) d'accélérer la lutte contre 
l'organisation sunnite fondamentaliste sans tenir compte 
d'éventuelles avancées sur le plan diplomatique.   
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a de son côté prévenu 
que la patience d'Ankara à propos du conflit syrien avait des 
limites et a appelé les Nations unies à agir pour prévenir ce 
qu'il a qualifié de "nettoyage ethnique" chez son voisin. 
  
    Quelque 400.000 Syriens ont été tués depuis que la guerre 
civile a éclaté dans ce pays il y a cinq ans et 70.000 autres 
sont morts en raison du manque d'eau potable, de nourriture ou 
de médicaments, écrit jeudi The Guardian, qui cite un rapport du 
Centre syrien pour la recherche politique, une ONG travaillant 
notamment avec l'agence des Nations unies pour les réfugiés 
(HCR).   
 
 (John Irish, Suleiman al Khalidi et Shadia Nasralla; 
Jean-Stéphane Brosse et Nicolas Delame pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • a.guer il y a 10 mois

    en fait, la seule ligne de conduite claire est celle des russes; on est d'accord ou pas avec leur stratégie, mais elle a au moins le mérite d'être claire : un bon dictateur au Moyen Orient, vaut mieux que toutes les tentatives de démocratie que les occidentaux ont tenté d'imposer dans ces pays