Syrie-Les forces du régime tentent de couper Alep-Est en deux

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    par Tom Perry 
    BEYROUTH, 24 novembre (Reuters) - Les forces 
gouvernementales syriennes ont poursuivi jeudi leur tentative de 
couper en deux le quartier d'Alep-Est déployant une violence 
sans cesse renouvelée pour venir à bout de la résistance des 
rebelles. 
    Abou Abdelrahman Nour, commandant du Djabha Chamiya, l'un 
des principaux groupes d'insurgés en guerre contre le régime de 
Bachar al Assad, a lancé un appel à des pays comme la France et 
la Turquie affirmant que la chute de la ville constituerait une 
"catastrophe". 
    Diviser en deux la partie orientale de la ville permettrait 
aux troupes syriennes soutenues par l'aviation russe d'ouvrir de 
nouveaux fronts et d'affaiblir la capacité de résistance des 
insurgés. 
    Pour le pouvoir syrien, la prise d'Alep constituerait une 
victoire majeure car la ville est depuis le début de 
l'insurrection en mars 2011 un bastion de la rébellion. 
    Les forces pro-Assad, principalement des milices chiites 
venues d'Iran, d'Irak et du Liban, tentent une percé dans un 
quartier du nord de l'agglomération, a expliqué Abou Abdelrahman 
Nour indiquant que les bombardements aériens des zones civiles 
avaient repris. 
    "Le régime mène de manière systématique d'intenses 
bombardements dans les zones où ils tentent de progresser. Cela 
provoque de nombreuses victimes dans les rangs des 
révolutionnaires", a-t-il expliqué dans un entretien par Skype. 
    "Depuis cinq jours environ, l'intensité des attaques et des 
affrontements dans les quartiers nord a augmenté et cela menace 
toute la partie orientale", a-t-il reconnu. 
    Le but est de diviser Alep en deux, a-t-il dit, et si ce 
scénario se réalisait cela serait une "catastrophe". Cela 
amoindrirait encore un peu plus la capacité des rebelles, 
manquant d'armes et d'équipements, qui vivent "l'une des 
périodes les plus difficiles" dans la ville. 
    Les insurgés et les civils manquent de tout, a-t-il 
expliqué, et ils doivent mélanger de la farine avec d'autres 
aliments, comme du riz, pour pallier la pénurie de denrées 
alimentaires. 
    "Avec la volonté de Dieu, les choses ne seront pas faciles 
pour le régime. Nous avons des capacités excellentes et nous 
nous défendons bien". 
    L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) précise 
de son côté que les forces gouvernementales "progressent 
clairement" dans l'est d'Alep. 
    Interrogée sur la stratégie du régime, une source militaire 
a déclaré que "l'armée avait un certain nombre d'options pour 
les quartiers est. Le problème sera résolu tôt ou tard. Sans 
doute pas trop tard". 
    Les soutiens étrangers, notamment celui de la Turquie, sont 
pour l'instant insuffisants, estiment les rebelles qui manquent 
d'armes capables de contenir la progression des forces 
gouvernementales. 
    "Honnêtement nous comptions sur les pays amis - la France, 
la Turquie et d'autres - pour qu'ils nous offrent une assistance 
plus grande, aux niveaux militaire et humanitaire", a déploré 
Nour, rappelant que le régime faisait preuve d'une "férocité 
croissante". 
     
      
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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