Syrie-Les enfants en guerre : soldats, réfugiés ou morts-Unicef

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    par John Davison 
    BEYROUTH, 14 mars (Reuters) - Le conflit syrien, qui vient 
d'entrer dans sa sixième année, a créé 2,4 millions d'enfants 
réfugiés, en a tué beaucoup et a fait de certains des 
enfants-soldats, parfois dès l'âge de sept ans, annonce lundi un 
rapport de l'Unicef, le fonds des Nations unies pour l'enfance. 
    Selon ce rapport, intitulé "Pas de place pour les enfants", 
8,4 millions d'enfants, soit plus de 80% de toute la population 
infantile syrienne, sont désormais touchés par le conflit, que 
ce soit en Syrie ou dans les pays voisins, en tant que réfugiés. 
    Le nombre de personnes vivant dans des localités assiégées 
ou dans des zones difficiles d'accès est deux fois plus élevé 
qu'en 2013, souligne le rapport. 
    Sur les personnes privées d'assistance, deux millions au 
moins sont des enfants, dont plus de 200.000 dans les zones 
assiégées. 
    Selon l'Unicef, 400 enfants ont été tués en 2015. Un autre 
rapport publié vendredi par un certains nombre d'organisations 
caritatives dont Oxfam, estime que, d'après les chiffres de 
l'Onu, 50.000 personnes au moins ont été tuées depuis avril 
2014. 
    Dans son rapport, l'Unicef s'inquiète tout particulièrement 
de l'augmentation du nombre d'enfants recrutés pour le combat. 
Les parties au conflit leur offrent des cadeaux et des 
"salaires" pouvant atteindre 400 dollars (360 euros) par mois, 
indique le rapport. 
    Dans les premières années du conflit, la plupart des enfants 
recrutés par les groupes et forces armés étaient des garçons 
entre 15 et 17 ans, qui étaient utilisés dans des rôles de 
soutien, loin des lignes de front, souligne le rapport, mais, 
"depuis 2014, toutes les parties au conflit ont recruté des 
enfants plus jeunes, parfois âgés de 7 ans, et souvent sans le 
consentement des parents." 
    L'Unicef précise que dans plus de la moitié des cas de 
recrutement de mineurs qu'elle a vérifiés en 2015, les jeunes 
choisis avaient moins de 15 ans. 
    Plus de 300.000 enfants sont nés hors de Syrie en tant que 
réfugiés, indique le rapport. Le seul Liban a vu naître près de 
70.000 bébés syriens, selon le Haut Commissariat des Nations 
unies aux réfugiés (HCR). 
     
    NE PAS QUALIFIER LES ENFANTS SYRIENS DE GÉNÉRATION PERDUE 
    Environ 2,8 millions d'enfants syriens, en Syrie ou dans les 
pays voisins, ne vont pas à l'école. Des dizaines d'écoles et 
d'hôpitaux ont été attaqués en 2015, soulignent les ONG 
humanitaires. 
    La moitié du personnel médical a fui la Syrie et seulement 
un tiers des hôpitaux fonctionnent, ajoute l'Unicef. 
    Les voisins de la Syrie abritent la vaste majorité de 4,8 
millions de réfugiés du pays. L'Europe accueille un huitième de 
ce chiffre. 
    Un psychologue spécialisé dans les traumatismes liés à la 
guerre estime que les enfants syriens ayant connu la guerre 
civile dans leur pays ne représentent pas une "génération 
perdue", notant qu'une telle appellation est irresponsable. 
    "Nous devrions faire attention de ne pas utiliser des 
expressions effrayantes condamnant à vie ces personnes", a dit 
Renos Papadoulos, directeur du Centre dédié aux traumatismes, à 
l'asile et aux réfugiés à l'université britannique d'Essex, à la 
fondation Thomson Reuters. 
    "Le fait d'être hanté par des souvenirs n'empêche pas des 
gens de vivre pleinement leurs vies. Faire des généralisations 
est inapproprié, irresponsable et n'est pas fondé 
scientifiquement." 
    Dans un autre rapport, intitulé "Jeter de l'huile sur le 
feu", l'Unicef se montre critique à l'égard des grandes 
puissances internationales -- dont la Russie, la 
Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la France, la Turquie, l'Arabie 
saoudite ou encore l'Iran -- disant qu'elles avaient "intensifié 
leur engagement militaire en Syrie". 
    "A des degrés variables, ces Etats, qui devraient jouer un 
rôle clef pour mettre un terme aux souffrances en Syrie, 
contribuent activement à ces souffrances", ajoute l'agence. 
    A Genève, la reprise des négociations de paix sur la Syrie, 
où le conflit a déjà fait plus de 250.000 morts, ont repris 
lundi.  ID:nL5N16M57G  
 
 (Danielle Rouquié pour le service français, édité par Benoît 
Van Overstraeten) 
 
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