Syrie-Les alliés arabes de Washington perdent patience

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    par Jonathan Landay et Arshad Mohammed 
    WASHINGTON, 27 septembre (Reuters) - L'effondrement du 
dernier cessez-le-feu en date en Syrie renforce la possibilité 
que les Etats du Golfe fournissent la rébellion en missiles 
sol-air portables pour se défendre contre les avions du régime 
syrien et de son allié russe, ont déclaré lundi des responsables 
américains. 
    Washington continue cependant à maintenir que les 
négociations sont la seule voie pour mettre fin au carnage, 
ont-ils ajouté.  
    L'un de ces responsables, s'exprimant sous le sceau de 
l'anonymat, a souligné que les Etats-Unis avaient jusqu'ici 
empêché un grand nombre de ces missiles anti-aériens tirés à 
l'épaule, connus sous le nom de MANPADS, d'être acheminés en 
Syrie tout en poursuivant leurs négociations avec Moscou.  
    Mais la frustration envers Washington grandit au point que 
les Etats du Golfe ou la Turquie pourraient cesser de suivre la 
politique américaine, ou fermer les yeux sur la fourniture de 
MANPADS à des groupes rebelles par de riches particuliers.  
    "Les Saoudiens ont toujours pensé que la manière de faire 
reculer les Russes est celle qui a fonctionné il y a trente ans 
en Afghanistan: les priver de puissance aérienne en donnant des 
MANPADS aux moudjahidine", a expliqué un deuxième responsable. 
    "Jusqu'ici, nous avons réussi à les convaincre que les 
risques étaient bien plus grands aujourd'hui parce qu'on n'a 
plus affaire à une Union soviétique sur le déclin mais à un 
dirigeant russe attaché à reconstruire la puissance de la Russie 
et moins disposé à reculer", a-t-il ajouté, par allusion au 
président Vladimir Poutine.  
     
    LE DROIT DE SE DÉFENDRE 
    Prié de dire si les Etats-Unis seraient prêts à faire tout 
leur possible, au-delà des négociations, pour faire cesser le 
bain de sang en Syrie, le porte-parole du département d'Etat 
Mark Toner a souligné que Washington ne souhaitait pas que de 
nouvelles armes soient apportées sur le champ de bataille. 
    "La conséquence ne serait qu'une escalade dans un conflit 
déjà terrifiant", a-t-il dit. "Les choses pourraient s'aggraver 
encore davantage." 
    Mais un autre responsable de l'administration a jugé que 
l'opposition syrienne était "en droit de se défendre et ne peut 
pas être laissée sans défense face à ces bombardements 
aveugles".  
    Souhaitant rester anonyme, il a rappelé que les alliés et 
partenaires des Etats-Unis avaient été impliqués dans les 
négociations russo-américaines pour trouver une solution au 
conflit. "Je ne crois pas qu'ils prendront à la légère le genre 
d'affront auxquels nous avons assisté au cours des 72 dernières 
heures", a déclaré ce responsable sans vouloir préciser "la 
capacité spécifique qui pourrait être ajoutée au conflit". 
    Les critiques de Barack Obama, qui cherche à éviter 
d'impliquer son pays dans un nouveau conflit au Moyen-Orient, 
estiment que la diplomatie américaine est paralysée par les 
réticences de la Maison blanche à recourir à la force.  
    "Poutine et (le président syrien Bachar al) Assad ne feront 
pas ce qu'on leur demande par bonté de coeur, ni parce qu'ils se 
préoccupent de nos intérêts ou de la souffrance des autres. Ils 
doivent être contraints, et cela nécessite de la force", ont 
estimé les sénateurs républicains John McCain et Lindsey Graham 
dans un communiqué.  
    "Tant que les Etats-Unis ne seront pas prêts à prendre des 
mesures pour modifier la situation sur le terrain, la guerre, la 
terreur, les réfugiés et l'instabilité perdureront." 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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  • delapor4 il y a 2 mois

    Fabius justifiant l'effort français envers les égorgeurs : "Ils font du bon boulot".

  • delapor4 il y a 2 mois

    Et les armes de Daech, ce n'est pas Washington et Paris qui les lui ont fournies gracieusement, peut-être?