Syrie-Le projet de cessez-le-feu locaux dans l'impasse

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BEYROUTH, 5 février (Reuters) - Le plan de cessez-le-feu locaux en Syrie, défendu par les Nations unies, est dans l'impasse, notamment à Alep, la deuxième ville du pays où l'armée gouvernementale a marqué des points face aux rebelles, a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques occidentales. Depuis octobre, le médiateur de l'Onu Staffan de Mistura tente sans succès d'instaurer des trêves locales dans ce conflit qui a fait plus de 200.000 morts en près de quatre ans. Les discussions se poursuivent, assurent les Nations unies et le gouvernement de Damas, mais les diplomates qui suivent le dossier ne constatent aucun progrès, au contraire. Selon plusieurs analystes, le gouvernement de Bachar al Assad ne verrait pas l'intérêt de conclure de tels accords avec de petits groupes appartenant à une opposition éclatée, d'autant que la situation militaire s'est pour lui améliorée. Damas reproche aussi à l'Onu de ne pas avoir prêté suffisamment attention à l'implication dans la guerre de djihadistes étrangers, qui passent notamment par le territoire turc. A Alep, les insurgés qui tiennent une partie de la ville appartiennent notamment au Front al Nosra, la branche syrienne d'Al Qaïda, et à d'autres brigades islamistes, comprenant notamment des étrangers. Des membres de l'opposition soutenue par les Occidentaux sont également présents. Selon un diplomate, le gouvernement syrien voudrait que les futurs cessez-le-feu prennent modèle sur ce qui s'est passé en mai dernier à Homs, où l'accord s'est traduit en fait par le retrait des insurgés. Pour l'Onu, il n'est pas question d'accepter ce scénario. "Il n'y a aucune raison pour le régime d'accepter une suspension des combats, il se sent fort militairement et pense pouvoir isoler totalement les rebelles qui sont à Alep", dit ce diplomate. Selon le général Vince Stewart, chef des services de renseignement de la Défense américaine (DIA), l'évolution de la guerre est actuellement favorable à l'armée syrienne qui espère achever cette année l'encerclement d'Alep et couper toutes les lignes de ravitaillement des insurgés. (Sylvia Westall avec Laila Bassam à Beyrouth et David Alexander à Washington; Guy Kerivel pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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