Syrie-Le processus de négociations menacé d'un blocage durable

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    GENEVE/BEYROUTH, 20 avril (Reuters) - Les négociations sur 
la paix en Syrie risquent de ne pas reprendre avant au moins un 
an si elles sont abandonnées maintenant, a prévenu mercredi un 
haut diplomate occidental, à l'heure où l'opposition syrienne a 
ajourné sine die sa participation. 
    La reprise d'intenses combats a mis à mal l'accord de 
"cessation des hostilité" entré en vigueur il y a six semaines à 
l'initiative de la Russie et des Etats-Unis dans le but affiché 
de permettre le bon déroulement des pourparlers de paix entre 
l'opposition et le régime de Bachar al Assad. 
    Conduites sous les auspices des Nations unies à Genève, ces 
discussions apparaissent toutefois fortement compromises 
désormais.  
    Riad Hidjab, principal coordinateur du Haut Comité des 
négociations (HCN) mis en place par l'opposition syrienne, a 
annoncé mardi qu'il allait quitter Genève, estimant qu'il n'y 
avait plus de trêve en Syrie et qu'il ne pouvait être question 
de négocier tant que le peuple syrien souffre. 
    Le HCN a donc reporté sine die sa participation aux 
négociations, sans toutefois quitter complètement la table, de 
crainte d'être accusé de causer de l'échec des pourparlers. 
    "Si ça se finit maintenant, ce sera fini pour au moins un an 
(...) les Russes vont tout passer au rouleau compresseur, en 
profitant du vide laissé par les Etats-Unis", a dit un diplomate 
occidental en référence aux échéances électorales qui pourraient 
détourner Washington du conflit. 
    "Il y aura trois millions de réfugiés et des milliers de 
morts supplémentaires", a-t-il ajouté, requérant l'anonymat. "Si 
nous quittons tous Genève, je ne vois pas le processus 
continuer." 
    Mais un arrêt total du processus engagé à Genève pourrait 
aussi créer un vide diplomatique permettant une nouvelle 
escalade des combats.  
    François Hollande a demandé lundi aux parties impliquées 
dans le conflit syrien de tout faire pour favoriser le maintien 
du cessez-le-feu sur le terrain.   
    La rencontre informelle entre Angela Merkel, Barack Obama et 
des dirigeants britannique, français et italien lundi prochain à 
Hanovre pourrait être l'occasion d'organiser une réunion 
ministérielle sur le dossier syrien dans les deux semaines à 
venir, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, 
Jean-Marc Ayrault.  
    L'Onu s'est déclarée pour sa part très inquiète pour le sort 
de plus de 40.000 Syriens qui ont fui les combats dans les 
environs de la grande ville du Nord syrien, Alep.   
     
 
 (John Irish, Stephanie Nebehay et Tom Perry, avec Matthias 
Blamont à Paris; Julie Carriat pour le service français, édité 
par Marc Angrand) 
 
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