Syrie-Le bras de fer russo-américain exaspère les Européens

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    par Michelle Nichols et John Irish 
    NATIONS UNIES/VIENNE, 16 mai (Reuters) - L'incapacité des 
Etats-Unis à convaincre la Russie de "lâcher" le président 
syrien Bachar al Assad accentue la frustration de puissances 
européennes reléguées au second plan du processus de paix 
syrien, dit-on dans les milieux diplomatiques.  
    Sceptiques à l'égard de cette approche bilatérale qui tarde 
à porter ses fruits, elles souhaitent désormais être associées 
plus étroitement au règlement d'un conflit qui a fait 250.000 
morts en cinq ans, ajoute-t-on à la veille d'une nouvelle 
réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), à 
Vienne.      
    "Beaucoup (au sein de l'administration américaine) ont 
longtemps sous-estimé la détermination des Russes à empêcher la 
chute de ce régime. Ils ont fait savoir assez clairement qu'ils 
n'étaient pas prêts à l'accepter", reconnaît Philip Gordon, 
ancien conseiller à la sécurité nationale de Barack Obama. 
    Selon un haut responsable de l'Onu ayant requis l'anonymat, 
il faut donc proposer d'autres formes de transition pour 
convaincre l'opposition de déposer les armes et de négocier. 
"Mais nous n'avons jamais eu ne serait-ce que le début de cette 
discussion avec les Syriens eux-mêmes parce que les Etats-Unis 
et la Russie essayent de combler le fossé et qu'ils n'y 
parviennent pas. Voilà pourquoi nous devons faire machine 
arrière et miser sur le multilatéralisme", propose-t-il.  
    La coopération russe a certes permis d'obtenir la mise en 
oeuvre de quelques cessez-le-feu partiels et l'adoption de 
résolutions à l'Onu, mais les divergences concernant le sort 
d'Assad se sont avérées trop importantes pour être comblées, ce 
qui maintient les négociations dans l'impasse. 
     
    POUTINE PRÊT À LÂCHER ASSAD  
    "Souvenez-vous comment (le secrétaire d'Etat américain John) 
Kerry s'est impliqué (...) C'était avec l'espoir et la 
conviction que les Russes allaient décider rapidement le régime 
à s'engager dans le processus politique", rappelle un diplomate 
occidental.  
    L'un des principaux problèmes, dit-on en coulisse, réside 
dans l'incapacité - ou la réticence - des Etats-Unis à tenir 
tête à une Russie de plus en plus sûre d'elle. Pour certains, 
Barack Obama a perdu sa capacité de persuasion lorsqu'il a 
renoncé en 2013 à recourir à la force après des bombardements 
chimiques imputés à l'armée syrienne. 
    Aux yeux de certains représentants de l'opposition syrienne 
et des membres du personnel de l'Onu, les Etats-Unis ont souvent 
exercé davantage de pressions sur les rebelles que sur Moscou ou 
Damas pour obtenir des concessions.  
    Vladimir Poutine serait pourtant prêt à lâcher Assad en 
échange de garanties quant à la stabilité de la Syrie et à la 
pérennité de la présence militaire russe à Tartous, assure un 
membre des services de renseignements américain.  
    "Poutine n'a plus confiance en Assad et cherche une 
perspective de transition stable, mais ne l'a pas encore 
trouvée", ajoute-t-il, sous couvert de l'anonymat.    
     
 
 (Avec Michelle Nichols, Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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  • Berg690 il y a 8 mois

    "sous couvert de l'anonymat." on peut dire ce que l'on veut hein!