Syrie-La conférence de Genève s'ouvre en l'absence de l'opposition

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    * De Mistura doit rencontrer les représentants de Damas 
    * L'opposition réclame demande l'arrête des bombardements 
    * Nouvel exode dans les faubourgs ouest de la capitale 
 
    par Tom Miles 
    GENEVE, 29 janvier (Reuters) - Avant même d'avoir commencé, 
les négociations de paix sur la Syrie sont un échec, a estimé 
vendredi un diplomate occidental, à quelques heures de leur 
ouverture à Genève, que les Nations unies ont confirmée malgré 
le boycott de l'opposition.  
    L'émissaire de l'Onu Staffan de Mistura devait rencontrer 
dans la journée la délégation du gouvernement dirigée par Bachar 
Djaafari, représentant permanent de la République arabe syrienne 
aux Nations unies qui est arrivé en fin d'après-midi à Genève 
sans faire le moindre commentaire. 
    "Il continuera par la suite ses rencontres avec d'autres 
participants et avec les représentants de la société civile", 
ajoute l'Onu dans un communiqué, rappelant qu'il s'agit de 
discussions de "proximité", c'est-à-dire séparées.  
    Le Haut Conseil pour les négociations (HCN), mis sur pied le 
mois dernier par l'opposition syrienne avec l'appui de l'Arabie 
saoudite, avait annoncé la veille qu'il n'enverrait pas de 
délégation à Genève, ses exigences étant restées lettres mortes. 
    L'organe, qui réunit des partis politiques et des groupes 
armés, demande l'arrêt des bombardements des zones civiles, la 
levée du blocus des villes assiégées et la libération de 
prisonniers. Le département d'Etat américain l'avait pourtant 
invité à saisir cette "chance historique" d'obtenir un 
cessez-le-feu et une aide humanitaire pour les populations 
civiles.   
    "C'est un échec complet", a donc estimé un diplomate 
occidental ayant requis l'anonymat. L'événement est, selon lui, 
une aubaine pour Damas qui peut ainsi afficher ses bonnes 
dispositions alors que les combats se poursuivent.  
    "Ils sont complètement dédouanés. Avec qui vont-ils discuter 
? Pour négocier, il faut un interlocuteur. C'est une formidable 
occasion pour le régime de montrer sa bonne volonté", a-t-il 
poursuivi.  
    Autres absents de marque, les miliciens kurdes syriens qui 
tiennent la majeure partie de nord-est de la Syrie et qui, à la 
différences de beaucoup, ont fait la preuve de leurs capacités à 
repousser les djihadistes de l'Etat islamique, mais ont été 
tenus à l'écart des discussions à la demande de la Turquie. 
     
    CONTRE-OFFENSIVE À L'OUEST DE DAMAS 
    Les négociations, dont le dernier cycle remontait à deux 
ans, n'ont jusqu'ici rien changé à la guerre civile qui a fait 
250.000 morts et dix millions de déplacés ou de réfugiés depuis 
mars 2011.  
    Visiblement lassés par ce statu quo, les deux prédécesseurs 
de Staffan de Mistura, Kofi Annan puis Lakhdar Brahimi, ont 
renoncé à leurs fonctions après l'échec des conférences de paix 
organisées à leur initiative.  
    Depuis les dernières discussions, en 2014, l'EI a changé la 
donne en s'emparant d'une vaste part des territoires syrien et 
irakien. Après l'entrée en lice de la coalition internationale 
formée par les Etats-unis pour combattre le mouvement, la Russie 
est à son tour entrée en septembre dans le jeu syrien pour 
soutenir le régime de Bachar al Assad.  
    Son intervention, qui a considérablement modifié le rapport 
de force, a permis à l'armée et à ses milices supplétives de 
reprendre l'offensive et de regagner un part du terrain perdu, 
notamment dans l'Ouest. Leur effort porte désormais sur les 
faubourgs occidentaux de Damas, toujours aux mains des insurgés, 
et plus précisément sur Daraïa. Craignant une offensive de 
grande envergure, les civils fuient en masse le quartier voisin 
de Mouadamia al Cham.  
    Selon Rami Abdoulrahman, directeur de l'Observatoire syrien 
des droits de l'homme (OSDH), leur objectif est de sécuriser 
l'aéroport militaire de Mezzeh qui se trouve dans le même 
secteur.  
    "Le régime cherche à séparer Mouadamia al Cham de Daraïa 
pour en finir avec les combattants qui s'y trouvent, parce que 
Daraïa est une menace pour l'aéroport militaire de Mezzeh. La 
séparation est maintenant presque complète", a-t-il déclaré. 
    Pour les adversaires d'Assad, ces combats sont bien plus 
préoccupants que la diplomatie.  
    "On ne peut pas négocier si les Nations unies et la 
communauté internationale sont incapables d'obtenir des mesures 
de restauration de la confiance", a estimé Haitham al Maleh, 
membre éminent de l'opposition. 
    "Je pense personnellement que, dans cette situation, les 
négociations sont futiles et ne peuvent rien produire. On ne 
peut pas négocier avec des assassins et des criminels qui 
s'accrochent au pouvoir", a-t-il ajouté.   
 
 (avec Tom Perry à Beyrouth; Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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  • Berg690 il y a 11 mois

    C'était couru d'avance . Il ne reste plus que le grand nettoyage de printemps!