Syrie-La coalition vise les raffineries tenues par l'EI

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(Précisions, opérations de l'armée syrienne, §§ 13-15) WASHINGTON/BEYROUTH, 25 septembre (Reuters) - La coalition conduite par les Etats-Unis a mené mercredi soir de nouvelles frappes aériennes contre les combattants de l'Etat islamique (EI), notamment contre des raffineries dont ils ont pris le contrôle dans le nord-est de la Syrie. Le bilan de cette troisième série d'attaques en Syrie est de 14 tués parmi les djihadistes et de cinq parmi les civils, rapporte l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH), jeudi. Les forces de la coalition, qui réunit derrière les Etats-Unis plusieurs Etats arabes de la région, ont pris pour cibles des raffineries installées près de Maïadine, d'Hassakah et d'Albou Kamal, a précisé l'armée américaine. L'objectif de ces opérations est de tarir l'une des principales sources de financement de l'organisation islamiste, a expliqué un responsable américain. Le Pentagone a précisé que l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis avaient participé à ces frappes menées par des avions de combat et des drones. Un total de 13 frappes ont visé une douzaine de raffineries pétrolières modulaires contrôlées par les combattants de l'EI, a dit le Commandement central (CentCom) américain. Une quatorzième attaque a détruit un véhicule appartenant aux djihadistes. "Nous évaluons encore le résultat des attaques menées contre les raffineries mais les premiers retours montrent que ces frappes sont une réussite", dit le CentCom dans un communiqué. Les raffineries modulaires sont des installations préfabriquées qui "fournissent du carburant pour les opérations de l'EI, des fonds pour financer la poursuite de leurs attaques en Irak et en Syrie et un actif économique susceptible d'appuyer leurs opérations futures." Rien ne permet pour l'instant d'établir avec certitude la quantité de pétrole vendue par l'EI. Selon Adam Sieminski, directeur de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (AIE), l'EI produit moins de 100.000 barils de brut par jour. L'ARMÉE SYRIENNE REPREND UNE VILLE Sur le marché mondial de l'énergie, une telle quantité de pétrole pourrait se négocier autour de 9,6 millions de dollars (7,51 millions d'euros) mais l'ampleur des recettes de l'EI est, selon les estimations, bien inférieure à ce montant. Dans le nord de la Syrie, les combattants kurdes qui défendent la ville de Kobani, située à la frontière de la Turquie, ont annoncé avoir repoussé les djihadistes lors d'affrontements nocturnes. Il y a un peu plus d'une semaine, les forces de l'Etat islamique avaient lancé une offensive pour s'emparer de cette localité, également appelée Aïn al Arab, ainsi que des villages environnants. De son côté, l'armée gouvernementale syrienne a repris jeudi aux rebelles la ville d'Adra al Omalia, à une trentaine de kilomètres au nord-est de la capitale Damas. Selon l'OSDH, des islamistes du Front al Nosra, affilié à Al Qaïda, étaient au nombre des insurgés chassés par les gouvernementaux. Dans l'Ouest, l'armée de l'air syrienne a lancé des barils d'explosifs sur des positions rebelles au nord de la ville de Homs. Plus au nord, des hélicoptères des forces loyalistes ont fait de même sur un village près de Hama et des avions ont mené des bombardements dans le nord de la province de Lattaquié, ajoute l'OSDH. L'armée libanaise a pour sa part annoncé qu'elle détenait près de sa frontière avec la Syrie quelque 450 islamistes présumés qui appartiendraient à différents groupes extrémistes, dont le Front al Nosra. Les forces de sécurité libanaises ont procédé à l'arrestation de centaines de suspects, principalement des ressortissants syriens, après l'intervention d'islamistes dans la ville frontalière d'Erbil le mois dernier. Plusieurs dizaines de personnes avaient été tuées lors d'affrontements dans cette localité, avant que les assaillants se replient en emmenant avec eux des otages. Les autorités libanaises tentent d'asseoir leur contrôle sur Erbil afin que la ville ne serve pas de base arrière aux groupes islamistes. (Tom Perry, Sylvia Westall et Alexander Dziadosz, avec Phil Stewart à Washington; Nicolas Delame, Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français)

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