Syrie: la chute des quartiers rebelles s'enchaîne à Alep

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Un char des forces du régime syrien dans le quartier Masaken Hanano d'Alep, le 27 novembre 2016 ( AFP / GEORGE OURFALIAN )
Un char des forces du régime syrien dans le quartier Masaken Hanano d'Alep, le 27 novembre 2016 ( AFP / GEORGE OURFALIAN )

Les troupes du régime syrien contrôlent désormais au moins un tiers du secteur rebelle d'Alep, reprenant l'un après l'autre les quartiers Est de la ville septentrionale, que plusieurs milliers d'habitants ont fui en 24 heures.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), près de 10.000 civils ont fui Alep-Est depuis la nuit de samedi à dimanche.

"Au moins 6.000 d'entre eux sont allés dans le quartier (sous contrôle des forces kurdes) de Cheikh Maqsoud, le reste est allé dans les zones gouvernementales d'Alep", a précisé l'OSDH.

"C'est le premier exode de ce genre d'Alep-Est" depuis plus de quatre ans, explique le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Des familles syriennes des qurtiers est d'Alep sont évacués en bus vers le quartier sous contrôle de
Des familles syriennes des qurtiers est d'Alep sont évacués en bus vers le quartier sous contrôle des forces kurdes de Cheikh Maqsoud, le 27 novembre 2016 ( AFP / GEORGE OURFALIAN )

Inédits depuis 2012, ces reculs sont les plus importants pour les insurgés depuis le lancement le 15 novembre par le régime d'une violente offensive pour reprendre la totalité de la deuxième ville du pays, devenue un enjeu majeur du conflit.

Le secteur Est, où vivent quelque 250.000 habitants, est totalement asphyxié par un siège imposé par le régime du président syrien Bachar al-Assad depuis quatre mois et subit les bombardements les plus dévastateurs depuis 13 jours.

Des civils syriens déplacés, le 27 novembre 2016 dans un camp du quartier de Jibreen, en zone gouvernementale,
Des civils syriens déplacés, le 27 novembre 2016 dans un camp du quartier de Jibreen, en zone gouvernementale, à Alep ( AFP / GEORGE OURFALIAN )

La capture samedi du quartier de Massaken Hanano, le plus grand d'Alep-Est, a marqué le début de cette importante avancée de l'armée, qui s'est emparée dimanche des cinq quartiers adjacents de Jabal Badro, Baadine, Inzarat, al-Sakan al-Chababi et Aïn al-Tall, selon l'OSDH.

"Les rebelles ont perdu au moins 30% de leur territoire à Alep", et désormais, les forces gouvernementales "contrôlent l'essentiel de la partie Nord" d'Alep, a précisé l'OSDH.

Localisation des quartiers d'Alep pris par le régime d'où plus de 4 000 civils fuient, et zones de co
Localisation des quartiers d'Alep pris par le régime d'où plus de 4 000 civils fuient, et zones de contrôle des différents belligérants ( AFP / Vincent LEFAI, Valentina BRESCHI, Paz PIZARRO )

De violents combats se poursuivent dans le même temps dans le quartier stratégique de Sakhour, dont la prise permettrait au régime de couper définitivement Alep-Est en deux, et dans celui de Haydariyé.

"L'avancée rapide de l'armée est due à sa stratégie d'attaque contre Alep-Est sur plusieurs fronts", estime M. Abdel Rahmane.

- 'Nettoyer' ce secteur -

Massaken Hanano avait été le premier quartier capturé par les rebelles à l'été 2012, divisant l'ex-capitale économique de Syrie en deux. Après s'en être emparé, le régime a exprimé sa volonté de "nettoyer" ce secteur de la rébellion, qui dénonce l'inaction de la communauté internationale face à la politique "de faim et de soumission" pratiquée par Damas.

Des civils syriens déplacés, le 27 novembre 2016 dans un camp du quartier de Jibreen, en zone gouvernementale,
Des civils syriens déplacés, le 27 novembre 2016 dans un camp du quartier de Jibreen, en zone gouvernementale, à Alep ( AFP / GEORGE OURFALIAN )

La télévision d'Etat syrienne a diffusé dimanche des images montrant un grand nombre de civils se rassemblant près de bus verts venus les chercher du quartier de Massaken Hanano. On voit notamment une femme avec une poussette et de nombreuses personnes portent des sacs en plastique sur leur tête. Des bombardements retentissaient au loin.

D'après les médias officiels, les déplacés en zone gouvernementale ont été emmenés "par l'armée vers des lieux sûrs".

- 'Annihiler la révolution' -

"L'aviation détruit tout méthodiquement, zone par zone", s'est indigné Yasser Al-Youssef, un responsable du groupe rebelle Noureddine al-Zinki, un des principaux d'Alep. "Si on n'interdit pas à cette aviation de bombarder, elle détruira ce qui reste de la ville d'Alep, quartier après quartier".

Un véhicule des forces pro-gouvernementales syriennes dans le quartier  Masaken Hanano d'Alep, le 27 novembre 201
Un véhicule des forces pro-gouvernementales syriennes dans le quartier Masaken Hanano d'Alep, le 27 novembre 2016 ( AFP / GEORGE OURFALIAN )

Parallèlement à l'avancée de l'armée, les forces kurdes présentes à Cheikh Maqsoud ont profité de la déroute rebelle pour s'emparer d'une partie du quartier adjacent de Boustane al-Bacha. L'autre partie est contrôlée par l'armée.

Alors que la communauté internationale s'avère incapable de trouver une solution au conflit, M. Youssef a accusé le régime et ses alliés russe et iranien "d'annihiler la révolution (...) et d'appliquer la politique de la faim et de la soumission, au su et au vu de l'ONU, sans aucun égard pour le droit international".

"L'armée syrienne a réalisé le plus important de ses succès à Alep-Est" et "ouvre la voie à une nouvelle progression", a écrit dimanche le quotidien Al-Watan, proche du régime. Elle "est déterminée à poursuivre ses efforts (...) en nettoyant complètement les quartiers Est", poursuit le journal.

Membres des troupes du régime syrien dans le quartier  Masaken Hanano d'Alep, le 27 novembre 2016
Membres des troupes du régime syrien dans le quartier Masaken Hanano d'Alep, le 27 novembre 2016 ( AFP / GEORGE OURFALIAN )

Le bilan de l'offensive lancée il y a 13 jours s'élevait dimanche à 225 civils tués dont 27 enfants à Alep-Est, où les habitants manquent de tout en raison du siège, selon l'OSDH.

La guerre en Syrie, déclenchée en 2011 par la répression d'une révolte pacifique, a fait plus de 300.000 morts. Elle est devenue au fil des années de plus en plus complexe, avec l'implication de forces étrangères et de groupes jihadistes.

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  • dupon666 il y a une semaine

    "Un véhicule des forces pro-gouvernementales syriennes" = un vehicule de l'armée syrienne

  • delapor4 il y a une semaine

    Non, ce n'est pas la "chute des quartiers rebelles" mais leur libération. Et avec moins de bombardements que quand les Yankees ont "libéré" la France.

  • bouchet1 il y a une semaine

    vous aimez les dictatures sanguinaires!

  • DonCorly il y a une semaine

    Bravo aux courageux soldats de l'armée arabe syrienne, et qu'ils continuent à libérer leur pays du terrorisme takfiri.

  • dioptaze il y a une semaine

    Grignoter moi tout ce vert allez rasez tout!!! vive Bachar

  • dupon666 il y a une semaine

    bizarre comme les refugiés s'enfuient toujours chez le "mechant"...enfin quand ils peuvent...c'est valable aussi pour les ukrainiens de l'est qui vont vers la russie en majorité..

  • delapor4 il y a une semaine

    Ils n'ont pas fui mais se sont enfuis. L'AFP doit avoir le courage d'avouer qu'ils étaient retenus prisonniers par "l'opposition modérée". Merci qui? Merci "le régime de Bachar" !