Syrie-L'Onu gèle les invitations aux négociations de paix

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    par Louis Charbonneau 
    NATIONS UNIES, 18 janvier (Reuters) - Les Nations unies ont 
annoncé lundi qu'elles ne lanceraient pas les invitations pour 
les négociations de paix entre le gouvernement syrien et 
l'opposition prévues le 25 janvier, tant que les pays qui 
parrainent le processus de paix ne se seront pas mis d'accord 
sur les personnalités qui représenteront les rebelles. 
    "A ce stade, les Nations unies émettront les invitations 
quand les pays qui conduisent le processus GISS (Groupe 
international de soutien à la Syrie) arriveront à un accord sur 
ceux qui, au sein de l'opposition, doivent être invités", a 
déclaré Farhan Haq, un des porte-parole. 
    Parmi les pays qui font partie du GISS figurent notamment 
les Etats-unis, la Russie, plusieurs pays européens dont la 
France et certains Etats de la région du Golfe, notamment 
l'Arabie saoudite et l'Iran. 
    Quelques heures auparavant, le ministre français des 
Affaires étrangères Laurent Fabius s'était dit dans l'incapacité 
de confirmer que les négociations sur le conflit syrien, qui 
doivent s'ouvrir le 25 janvier à Genève, auraient bien lieu, 
soulignant qu'il était "très difficile" pour les opposants 
syriens modérés de participer à des discussions alors qu'ils 
sont bombardés.    
    Du côté des diplomates, on indique qu'il est de plus en plus 
probable que les discussions entre le gouvernement et 
l'opposition syrienne seront reportées. "Il est probable qu'il y 
aura du retard", a-t-on dit à Reuters. 
     
    "PAS D'AUTRE DATE" 
    Il semble que ce soit aussi le message implicite qui est 
sorti du point fait à huis-clos par vidéoconférence pour le 
Conseil de sécurité par l'émissaire spécial de l'Onu pour la 
Syrie, Staffan de Mistura, a-t-on déclaré à Reuters de source 
diplomatique sous le sceau de l'anonymat. 
    Prié de dire si la question d'un possible report avait été 
abordée, l'ambassadeur d'Uruguay aux Nations unies, Elbio 
Rosselli, dont le pays préside le Conseil de sécurité pour le 
mois de janvier, a déclaré à l'issue de la réunion : "Je dirais 
seulement qu'il n'a pas été envisagé d'autre date aujourd'hui." 
    Les discussions prévues pour le 25 janvier à Genève font 
partie du processus de paix entériné par le Conseil de sécurité 
le mois dernier, qui prévoit des discussions visant à mettre en 
place un gouvernement de transition, avec, à terme, des 
élections. 
    Jusqu'à maintenant, la Russie et l'Iran, qui soutiennent le 
président syrien Bachar al Assad, ont rejeté les tentatives de 
l'Arabie saoudite, opposée au président Assad, comme les 
Etats-unis et les pays européens, d'organiser l'opposition 
syrienne et une délégation pour les discussions de Genève. 
    Moscou et Téhéran accusent certains membres de l'opposition 
soutenus par Ryad d'être liés à Al Qaïda. Le gouvernement de 
Bachar al Assad qualifie de "terroristes" tous les groupes armés 
d'opposants, sans distinction, et les assimile souvent à l'Etat 
islamique, le groupe fondamentaliste sunnite qui s'est emparé de 
larges portions de Syrie et d'Irak.    
 
 (Avec Michelle Nichols; Danielle Rouquié pour le service 
français) 
 
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