Syrie-L'oncle d'Assad, opposant au régime, mis en examen en France

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 (Actualisé avec avocat et plaignants) 
    PARIS, 28 juin (Reuters) - L'oncle du dirigeant syrien 
Bachar al Assad, son opposant Rifaat al Assad, a été mis en 
examen le 9 juin dans une affaire de biens supposés "mal acquis" 
sur le territoire français, a-t-on appris mardi de source proche 
de l'enquête.  
    Soupçonné d'avoir acquis tout ou partie de son patrimoine en 
France avec de l'argent amassé illégalement, il a été mis en 
examen pour blanchiment en bande organisée de fraude fiscale 
aggravée, blanchiment en bande organisée de détournement de 
fonds publics, recel de détournement de fonds publics et recours 
au travail dissimulé en bande organisé, a-t-on précisé. 
    Rifaat al Assad a été mis en examen à l'issue de son 
interrogatoire dans le bureau d'un juge financier, à Paris, et 
il a été placé sous contrôle judiciaire, a ajouté la source 
proche de l'enquête, confirmant une information de presse. 
    Il lui est interdit de quitter le territoire national, sauf 
pour se rendre à Londres pour raisons de santé, a-t-elle dit.  
    Joint par Reuters, son avocat a fait savoir qu'il 
n'entendait faire aucun commentaire. En 2013, son entourage 
avait assuré au Monde que l'origine de sa fortune n'avait rien à 
voir avec la Syrie.  
    Lors de son interrogatoire, Rifaat al Assad "n'a pas 
souhaité s'exprimer", indique dans un communiqué l'association 
Sherpa, à l'origine de l'enquête.  
    En 2013, elle avait déposé une plainte simple contre Rifaat 
al Assad. Puis le 4 février 2014, Sherpa a déposé une nouvelle 
plainte, avec constitution de partie civile, ce qui a mené à 
l'ouverture d'une information judiciaire en avril 2014, pour 
corruption, corruption d'agents publics étrangers et 
blanchiment, notamment.  
    Dans un communiqué publié mardi sur son site internet, 
l'association se félicite "de l'avancée des investigations 
judiciaires s'agissant de l'un des principaux anciens 
dignitaires du régime syrien". 
    "C'est la page syrienne de l'odyssée judiciaire des biens 
mal acquis qui connaît aujourd'hui une importante accélération", 
ajoute ce texte.   
    Plusieurs enquêtes visent des "biens mal acquis" en France 
par des chefs d'Etat africains ou leurs proches. Le parquet 
national financier (PNF) a ainsi requis en mai dernier le renvoi 
en correctionnelle pour blanchiment du fils aîné du président de 
Guinée équatoriale, Teodoro Obiang.  
    Rifaat al Assad, qui est un opposant déclaré au régime de 
Bachar al Assad, vit en exil depuis le milieu des années 1980. 
Un des hommes les plus redoutés de Syrie sous le régime d'Hafez 
al Assad, le père du président actuel, il est tombé en disgrâce 
après avoir tenté de prendre le pouvoir. 
    Il possède notamment un hôtel particulier avenue Foch, dans 
le XVIe arrondissement de Paris, et une quarantaine 
d'appartements situés dans deux immeubles, l'un avenue du 
président Kennedy, dans le XVIe, et l'autre quai André-Citroën, 
dans le XVe. 
 
 (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse) 
 
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