Syrie-L'émissaire de l'Onu appelle à sauver le processus de paix

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 (Actualisé avec citations, détails) 
    par Stephanie Nebehay et Shadia Nasralla 
    GENEVE, 28 avril (Reuters) - L'émissaire des Nations unies 
Staffan de Mistura a exhorté jeudi Vladimir Poutine et Barack 
Obama à sauver le cessez-le-feu mis en place il y a deux mois en 
Syrie, estimant qu'il était "tout juste en vie", tout en 
appelant les présidents russe et américain à relancer un 
processus de paix en perdition. 
    Le diplomate s'est montré très inquiet de voir la cessation 
des hostilités être remise en cause à Alep et dans au moins 
trois autres zones de conflit, tout en faisant état d'un certain 
rapprochement des positions du gouvernement et de l'opposition 
au sujet d'une future transition politique. 
    "D'où mon appel pour, de toute urgence, une initiative 
américano-russe au plus haut niveau parce le legs aussi bien du 
président Obama que du président Poutine est lié à la réussite 
d'une unique initiative qui avait très bien commencé. Elle doit 
tout aussi bien se terminer", a dit Staffan de Mistura lors 
d'une conférence de presse. 
    Les Etats-Unis et la Russie doivent mettre sur pied une 
réunion ministérielle rassemblant les pays qui font partie du 
Groupe de soutien international à la Syrie (ISSG), a-t-il 
ajouté. 
    "Il n'y a aucune raison que chacun de ces deux pays, qui ont 
investi tant de capital politique dans une issue heureuse et qui 
ont tous deux intérêt à ne pas voir la Syrie être emportée par 
un nouveau cycle de guerre, ne soient pas en mesure de 
revitaliser ce qu'ils ont créé", a poursuivi Staffan de Mistura 
    "(Ce processus) est encore en vie mais à peine." 
    La semaine dernière, le Haut Comité des Négociations (HCN), 
principal organe représentatif de l'opposition syrienne, a 
suspendu sa participation au processus en dénonçant 
l'intensification des combats sur le terrain et la lenteur de 
l'acheminement de l'aide. 
    "Comment peut-on avoir des discussions de qualité si on 
n'entend parler que de bombardements et de pilonnage ? C'est 
quelque chose que même moi j'ai du mal à concevoir, alors 
imaginez ce que c'est pour les Syriens", a encore dit Staffan de 
Mistura. 
    Staffan de Mistura a dit avoir l'intention de "relancer le 
prochain cycle de négociations (syriennes) au cours du mois de 
mai", sans donner de date. 
    Ces négociations n'auront une portée réelle que si le niveau 
de cessation des hostilités est ramené à celui observé en 
février et en mars, a-t-il encore dit. 
     
    DES "SIMILITUDES" 
    Mercredi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères 
Mikhaïl Bogdanov avait dit que les pourparlers sur la paix en 
Syrie reprendraient le 10 mai, mais une porte-parole de Staffan 
de Mistura avait indiqué dans la foulée qu'aucune date n'avait 
été fixée pour l'instant.  ID:nL5N17U2Q2  
    Selon un diplomate occidental, l'émissaire des Nations unies 
songe aux dates du 14 ou 15 mai pour reprendre les discussions. 
    Staffan de Mistura s'est adressé à des journalistes à Genève 
après avoir, par visio-conférence, fait le point devant le 
Conseil de Sécurité de l'Onu sur la situation après deux 
semaines de pourparlers entre les différentes parties impliquées 
dans la guerre civile syrienne. 
    Bachar Djaafari, qui emmène la délégation du gouvernement 
syrien, a dit mardi que le dernier cycle de discussions avait 
été "utile et constructif", sans donner le moindre signe qu'il 
était prêt à accéder à la demande clef du HCN, à savoir une 
transition politique sans le président Bachar al Assad. 
    Prié de dire si le sort de Bachar al Assad avait été évoqué, 
Staffan de Mistura a dit : "Nous n'avons pas évoqué de noms 
(...) mais plutôt les manières de changer le gouvernance 
actuelle. Et je dois dire que le concept d'un nouveau 
gouvernement et d'une transition politique avec une nouvelle 
constitution est déjà un grand pas vers la préparation de ce que 
pourraient être les prochains pas". 
    L'émissaire de l'Onu a montré un document selon lequel les 
deux parties ont encore une vision très divergente de la forme 
que pourrait prendre une transition politique, tout en estimant 
qu'elles partageaient certaines "similitudes", y compris l'idée 
"que le gouvernement de transition pourrait inclure des membres 
du gouvernement actuel, des représentants de l'opposition, ainsi 
que des personnalités indépendantes et d'autres". 
    Staffan de Mistura a souligné que le dernier cycle de 
négociations avait été éclipsé par une "détérioration 
conséquente et en effet inquiétante de la cessation des 
hostilités", estimant qu'il n'était pas possible d'ignorer "des 
incidents qui se multiplient". 
    L'émissaire de l'Onu a noté que "au cours des dernières 48 
heures, il y a eu en moyenne un Syrien tué toutes les 25 minutes 
et un Syrien blessé toutes les 13 minutes." 
    Les combats à Alep, grande ville du nord-ouest de la Syrie, 
ont fait au moins 30 morts, dont huit enfants, au cours des 
dernières 24 heures, avait rapporté mardi l'Observatoire syrien 
des droits de l'homme (OSDH).  ID:nL5N17T21Q      
 
 (Benoît Van Overstraeten pour le service français) 
 
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